Deux ans de prison ferme et un million de francs CFA d’amande, c’est la sentence prononcée contre le journaliste Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal L’Alternance par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, le lundi 23 mars 2026. L’Association des Editeurs de Presse Privée (ASSEP), la plus grande faitière des professionnels de la presse écrite, considère cette peine « comme un recul préoccupant de la liberté d’expression et de la liberté de la presse dans notre pays », surtout dans un contexte où la presse malienne se bat pour la dépénalisation des délits de presse.
« L’ASSEP appelle les autorités compétentes à faire preuve de discernement et à garantir un environnement juridique et institutionnel favorable à l’exercice libre et responsable du métier de journaliste » a-t-elle indiqué dans un communiqué ajoutant cette décision survient à un moment où les médias jouent un rôle essentiel dans l’information des citoyens, le débat public et le renforcement de la démocratie. Pour elle, toute atteinte à leur indépendance constitue, selon elle, une menace pour l’équilibre démocratique et l’État de droit.
Tout en réaffirmant son engagement indéfectible en faveur d’une presse libre, indépendante et responsable, l’ASSEP a, par ailleurs, invité l’ensemble de ses membres à rester debout, solidaires et mobilisés face à cette épreuve. « Plus que jamais, l’unité et la vigilance doivent guider les actions de la presse privée afin de préserver les acquis démocratiques et défendre la liberté d’informer », prévient-elle.
Issa Djiguiba
