La coopération entre le Mali et le Sénégal s’est une nouvelle fois illustrée à travers la participation malienne à la rentrée portuaire 2026, organisée à Dakar par la direction générale du Port autonome de Dakar (PAD). Sur invitation du Ministre sénégalais des Pêches et de l’Économie maritime, la ministre des Transports et des Infrastructures, DEMBÉLÉ Madina SISSOKO, a pris part à cet événement majeur qui s’est tenu le mardi 10 février 2026 dans la capitale sénégalaise.
La cérémonie d’ouverture, présidée par le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, l’Honorable Elhadj El Malick Ndiaye, a donné le ton d’une édition placée sous le signe de la modernisation et de l’innovation de l’outil portuaire. Cette orientation stratégique vise à renforcer la compétitivité du port de Dakar, infrastructure essentielle pour les échanges régionaux et pour les pays enclavés comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui dépendent largement des corridors maritimes pour leurs importations et exportations.
La délégation malienne, conduite par la ministre DEMBÉLÉ Madina SISSOKO, comprenait notamment des responsables des chambres consulaires ainsi que plusieurs opérateurs économiques. En tant qu’invitée spéciale, la ministre a prononcé un discours dans lequel elle a rappelé l’importance stratégique du port de Dakar pour l’économie malienne. Elle a souligné que cette infrastructure occupe une place centrale dans la stratégie nationale de diversification des voies d’accès à la mer, un enjeu vital pour un pays sans façade maritime.
Dans son intervention, la ministre a également exprimé « toute la reconnaissance des autorités et des opérateurs économiques du Mali envers les autorités du Sénégal, les armateurs et les gestionnaires de terminaux pour les facilités accordées » au Mali. Cette reconnaissance témoigne de la solidité du partenariat entre les deux pays, fondé sur une coopération économique, logistique et historique qui contribue à la fluidité du corridor Bamako–Dakar, l’un des plus utilisés par les opérateurs maliens.
De son côté, le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Malick Ndiaye, a insisté sur la nécessité pour le Port autonome de Dakar d’être administré dans un esprit de coopération régionale. Il a rappelé que les défis sécuritaires, notamment les menaces liées à l’extrémisme violent dans certaines zones de transit, exigent un renforcement de la sécurisation des corridors. Selon lui, cette responsabilité doit être partagée entre les États de la région afin de garantir la continuité des échanges et la stabilité économique.
Le Président Ndiaye a également rappelé que le Sénégal a « longtemps assuré avec responsabilité et solidarité son rôle de port maritime naturel » pour les pays voisins dépourvus d’accès direct à l’océan. Il a souligné que le port de Dakar sert simultanément plusieurs nations, ce qui constitue à la fois un choix stratégique, un devoir historique et un levier de stabilité régionale. Cette vision s’inscrit dans une dynamique d’intégration régionale renforcée, où les infrastructures portuaires jouent un rôle déterminant.
La participation du Mali à cette rentrée portuaire 2026 illustre ainsi la volonté des autorités maliennes de consolider les partenariats logistiques et économiques avec le Sénégal. Elle met également en lumière l’importance du corridor Bamako–Dakar dans la stratégie nationale de résilience économique, dans un contexte où la fluidité des échanges et la sécurité des routes commerciales demeurent des priorités. Cette rencontre ouvre de nouvelles perspectives pour une coopération encore plus structurée entre les deux pays.
Ibrahim Kalifa Djitteye
