Polémique autour du DDR : la CPA accuse, Zahabi récuse
C’est une nouvelle polémique autour du processus de DDR (Désarmement-Démobilisation-Réinsertin/réintégration). Selon Mouhamed Ousmane Ag Mouhamedoune, secrétaire général de la CPA, membre du comité de suivi de l’accord, le président de la Commission DDR veut s’immiscer dans les affaires de son mouvement. « Tout le monde s’est plaint un moment du fait qu’il s’invite lui-même dans le problème interne des mouvements du point où il va jusqu’à faciliter la fragmentation, et même la scission, la division des mouvements. Et là ça touché la CPA. Depuis des années il tente de créer un doublon de mouvement », explique Mohamed Ousmane qui menace de se retirer du DDR.
Le Président de la Commission DDR Zahabi Sidi Ould Mouhamed rejette ces accusations. Il reproche au secrétaire général de la CPA de vouloir intégrer des combattants non éligibles au DDR. « Il a fait une liste de 70 personnes pour la réinsertion socio-économique dans le cadre du partage de quota récent de la réinsertion. Et nous avons procédé à la vérification dans la base des données, nous avons trouvé qu’il n’y a que 5 personnes éligibles et que tous les autres étaient des nouvelles personnes ». Il ajoute que le problème a été déjà tranché lors d’une réunion de haut niveau.
En février dernier, plus de 300 ex-combattants de la CMA, de la Plateforme et d’autres groupes adhérant au processus de paix sont arrivés à Bamako en provenance de Kidal, Gao et Tombouctou. Ces derniers devraient intégrer l’‘armée reconstituée après quelques semaines de formation.
CELEBRATION DU 26 MARS 1991 : Les acteurs font le bilan
En trente années de démocratie, le Mali a connu plus de coups d’état que d’alternance. Le pays est, depuis près de 10 ans confronté dans une des plus graves crises de son histoire. Pour Ibrahima Kébé, membre de l’Association Faso Kanu, une organisation de la société civile, les vraies aspirations profondes des Maliens ne sont pas prises en compte après 30 ans de démocratie. « Jusqu’à preuve du contraire, les Maliens ont soif de la vraie démocratie et du développement ». Même s’il reconnaît que des acquis ont été enregistrés, M. Kébé, pense que « la gestion politique a été gangrénée par la corruption, le népotisme et la gabegie ». Des maux qui ont pourtant été les éléments déclencheurs de la révolution de mars 1991, martèle-t-il.
Maître Mountaga Tall, président du parti CNID-Faso-Yiriwaton est un des acteurs majeurs de la lutte démocratique Mali. Il estime que les principales dérives de l’ère démocratique découlent de la mauvaise gouvernance. « Les élections n’ont jamais été bonnes au Mali, la corruption que nous avons combattue de toutes nos forces n’a pas permis d’atteindre les objectifs », souligne l’avocat qui affirme que les responsabilités sont partagées entre la classe politique, la société civile et les militaires. Selon lui, il est urgent de refonder le Mali à travers des assises nationales de la refondation.
L’homme politique et l’acteur de la société civile conviennent que tout n’a pas été négatif. Selon eux, des acquis sont à préserver. Et les défis actuels du pays ne doivent pas faire perdre cela de vue.
Pour des observateurs, après trente ans de démocratie, le bilan reste « mitigé ». Certes, la démocratie est en marche au Mali, toutefois, d’énormes défis restent à lever. Il s’agit notamment des insuffisances liées au système éducatif et judiciaire.
GAO : 6 jeunes tués par une frappe, des djihadistes selon Barkhane, des chasseurs selon des locaux
Six jeunes ont été tués, jeudi dernier, dans le nord-est du Mali dans une frappe, décrite par la force française Barkhane comme visant des djihadistes alors que des notables locaux parlent de simples chasseurs tués alors qu’ils traquaient le gibier. C’est la deuxième fois en quelques mois qu’une intervention aérienne donne lieu à des versions aussi opposées de la part de l’armée française et de locaux. Six jeunes de Talataye, localité entre Gao et Ménaka, ont été enterrés jeudi après avoir été frappés depuis les airs, ont rapporté ces notables. « Il s’agit là d’un groupe de jeunes, dont des mineurs, qui ont décidé de passer la journée en dehors du village de Talataye à bord de trois motos et armés d’un fusil de chasse, pour tirer des lapins et des perdrix », selon une source locale. Quatre avaient moins de 16 ans, deux entre 18 et 20 ans, a-t-il dit. « Vers 10H30, des témoins alentour ont rapporté des explosions et affirment avoir vu des avions dans l’air. Impossible de savoir si c’est des avions français ou pas », a-t-il dit. « Après, quand l’alerte a couru dans le village, il a été décidé d’envoyer des gens et un véhicule sur place pour récupérer les six corps et les inhumer au cimetière de Talataye vers 18H00 », a-t-il dit. Un conseiller communal a dit avoir vu un drone faire feu à l’ouest de Talataye. Deux autres notables s’exprimant sous le couvert de l’anonymat pour des raisons de sécurité ont fait état d’une frappe aérienne sur la foi de témoignages. Les trois notables ont tous décrit les jeunes comme des chasseurs partis à moto. La force antidjihadiste française Barkhane a de son côté publié dans la soirée un communiqué relatant une toute autre version de ce qui semble être le même évènement : le moment, en fin de matinée, et la localisation, à 60 km au nord d’Indélimane selon Barkhane, concordent. « Après une phase de renseignement et d’identification ayant permis de caractériser la présence et le regroupement de GAT » (groupes armés terroristes), Barkhane a « procédé à une frappe neutralisant » un tel groupe, a dit Barkhane. Elle ne précise pas les pertes humaines, mais indique que « trois motos ont été détruite.
MINES : Le Mali et le Ghana sur le podium africain des juridictions minières les plus attractives
Selon le Fraser Institute, le Mali est la deuxième meilleure destination africaine pour l’investissement minier, juste devant le Ghana. Exclu du rapport 2019 faute de réponses suffisantes reçues par l’Institut, l’ex Gold Coast réalise néanmoins la meilleure progression, car il était avant-dernier du classement africain en 2018. Le pays est en outre passé de la 68e place mondiale à la 31e en 24 mois.
Dauphin du Botswana en 2020, il faut aussi noter les avancées du Mali, classé 7e sur le plan continental en 2019. Avec un score de 76,27 sur 100 pour l’indice d’attractivité global, le pays a fait un bond sur le plan mondial, du tréfonds du classement en 2019 (68e sur 76 pays) à la 21e place l’année dernière. Cette progression, qui doit beaucoup à une meilleure perception des politiques minières en vigueur dans le pays, peut s’expliquer par la mise en œuvre du nouveau code minier adopté en 2019.
Pour rappel, 13 pays africains ont été évalués par le Fraser Institute en 2020, contre 10 en 2018 et 2019.
UEMOA : Baisse de 4,8% de la croissance économique à cause de la pandémie du COVID-19
La pandémie de nouveau coronavirus (COVID-19) a engendré une forte baisse de 4,8% de la croissance économique dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), a déclaré jeudi, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré élu à la tête de l’Union lors de la 22e session ordinaire tenue en visioconférence.
M. Kaboré a déclaré que l’année 2020 avait été marquée au plan économique par un ralentissement de l’économie mondiale imputable à la pandémie de COVID-19, « qui a impacté négativement nos différentes économies, avec pour conséquences au niveau de notre Union, une forte baisse de la croissance, de l’ordre de 4,8%.
Il a salué les efforts déployés par les institutions communautaires en vue de soutenir les économies des Etats membres dans la riposte contre les effets négatifs de la pandémie de la COVID-19. Pour lui, les évolutions positives enregistrées dans la lutte contre la propagation du coronavirus doivent être consolidées et à ce titre, toutes les dispositions de préventions individuelles et sanitaires doivent être prises pour la maîtrise de la pandémie.
Il a salué l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine et rappelé toute son importance et que les efforts doivent être faits par chacun des Etats membres pour en tirer les dividendes.
SEGOU : Plusieurs morts dans un accident
Un minibus est entré en collision avec un véhicule mercedes, le dimanche dernier, sur la route de Ségou. De sources locales, le bilan serait de six morts et 17 blessés. Les mêmes sources indiquent que les blessés ont été transportés à l’hôpital Nianankoro Fomba de de la ville.
SAN : Le chef cantonnier décédé
Le chef cantonnier de San Hamma Sangaré a été retrouvé mort, le vendredi dernier, vers 6 h du matin dans une rue de la ville. L’information a été confirmée par ses collègues de travail. Pour l’instant, les circonstances de sa mort ne sont pas connues. Des témoins avancent que le chef cantonnier a eu un malaise dans la rue et il est tombé de lui-même. C’est en début juillet 2020, que Hamma Sangaré est arrivé à San, comme chef cantonnier.
