Afin de faire face aux crises et catastrophes et de réduire la vulnérabilité des populations, l’État du Mali a créé, depuis 2018, le Centre de Coordination et de Gestion des Crises (CECOGEC). Placée sous l’égide du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, cette structure en charge de la veille et de la gestion des risques a présenté son plan de prévention pour l’hivernage 2026. Un dispositif robuste, structuré autour d’une dizaine d’objectifs, pour un coût prévisionnel de plus de 4 milliards 71 millions de FCFA.
Le Mali évolue depuis plus d’une décennie dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante. À cette situation s’ajoutent les effets du changement climatique, qui accentuent chaque année les risques pesant sur les populations. Les dernières saisons pluvieuses ont d’ailleurs illustré l’ampleur des menaces, notamment en milieu urbain, et souligné l’urgence d’une réponse anticipée et structurée.
C’est dans ce contexte que, à l’occasion de sa première réunion, le comité interministériel de gestion des crises et catastrophes a examiné et validé deux documents majeurs présentés par le CECOGEC. Il s’agit du plan de prévention pour l’hivernage 2026, ainsi que d’une note relative à la libération des servitudes et des lits des marigots, couplée à la campagne de curage des collecteurs et caniveaux dans le district de Bamako.
Doté d’un budget prévisionnel de 4 milliards 71 millions de FCFA, le plan de prévention s’inscrit dans une dynamique nationale de réduction de la vulnérabilité des populations. Il repose sur quatre axes stratégiques complémentaires visant à anticiper, préparer, agir et pérenniser la résilience des communautés et des écosystèmes.
Le premier axe met l’accent sur la coordination et la gouvernance, posant ainsi les bases d’une action collective efficace entre les différents acteurs. Le deuxième axe est consacré au renforcement des mesures anticipatoires, avec un accent particulier sur la sensibilisation des acteurs locaux face aux risques. Le troisième axe organise la gestion des crises et l’assistance humanitaire, notamment à travers le pré-positionnement stratégique de kits d’urgence et l’aménagement de sites d’accueil. Enfin, le quatrième axe innove en ciblant spécifiquement la protection des écoles et la résilience du système éducatif.
En parallèle, les autorités ont présenté l’état d’avancement des opérations de libération des servitudes et des lits des marigots dans le district de Bamako. Sur les 11 marigots recensés, 5 ont déjà été libérés, pour une longueur totale de 40,6 km, soit un taux d’exécution de 55,54 %. Cette dynamique s’accompagne de la campagne de curage prévue en 2026, qui portera sur 241 km de caniveaux et 85 km de collecteurs.
Ces avancées traduisent l’engagement des autorités à réduire les risques d’inondation et à renforcer la résilience urbaine face aux aléas climatiques. Elles s’inscrivent également dans une logique d’anticipation, en cohérence avec les orientations stratégiques du CECOGEC.
Présidant la réunion, le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, également président du comité interministériel de gestion des crises et catastrophes, a salué la qualité des documents soumis. Il a, à cette occasion, remercié le ministère de la Sécurité et de la Protection civile ainsi que celui en charge de l’Urbanisme pour le travail accompli.
Le Chef du Gouvernement a par ailleurs annoncé que le comité de crise se réunira désormais deux fois par mois, avant l’activation du CECOGEC en mode crise, marquant ainsi une volonté claire de privilégier l’anticipation dans la gestion des catastrophes.
Issa Djiguiba
