Dans le cadre de la 4e édition de la semaine de la justice, Mme Traoré Djènèba Diakité, Magistrat, a fait, le jeudi 12 février, dans les locaux de la Cour administrative d’appel de Bamako, une brève présentation sur la « Direction nationale de la protection judiciaire des enfants (DNPJE) ». C’était sous l’égide du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué, accompagné des membres de la famille judiciaire, ceux du Conseil national de transition (CNT) en l’occurrence. Occasion pour les acteurs de mettre en lumière l’opérationnalisation en vue de la DNPJE.
Dans son intervention, Mme Traoré Djènèba Diakité a fait savoir que les raisons ayant motivé la création de la direction nationale de la protection judiciaire des enfants sont dues aux insuffisances du système de justice pour enfants, dont l’insuffisance du mécanisme de coordination des interventions étatiques et non étatiques en matière de prise en charge des enfants en contact avec la loi. Créée par Ordonnance n°2025-026/PT-RM du 13 août 2025, ratifiée par la Loi n°2025-050 du 18 novembre 2025, la nouvelle direction a pour vision à l’horizon 2044, les enfants garçons et filles en contact avec la loi au Mali bénéficient d’un accès à un système de justice équitable et de qualité, en harmonie avec les standards internationaux et les valeurs socioculturelles nationales. L’une des missions de cette direction est d’élaborer les éléments de la politique nationale dans le domaine de la prise en charge des enfants en contact avec la loi et d’assurer la coordination et le contrôle de sa mise en œuvre. Les axes stratégiques de la DNPJE sont entre autres : amélioration de la gouvernance de la justice pour enfants ; amélioration de l’offre de justice pour enfants ; et la réhabilitation et réinsertion des enfants en contact avec la loi. « La Direction nationale de la Protection judiciaire des Enfants porte une vision ambitieuse fondée sur une justice réparatrice, respectueuse des droits de l’enfant et conforme aux engagements internationaux. Cette approche repose sur la mobilisation conjointe des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, de la société civile, ainsi que des familles et communautés, acteurs clés de la prévention et de la protection », a déclaré Mme Traoré Djènèba Diakité. Dans une interview accordée à la presse, le ministre de la Justice et des droits de l’Homme, garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué a précisé que la venue de cette direction est une véritable aubaine, parce qu’elle permettra d’encadrer les différents flux, et faire en sorte que les enfants ne soient détenus, placés dans les centres de détention que s’il n’y a pas d’autre solution. « Dans tous les cas où on peut trouver des solutions, faire en sorte qu’on puisse les trouver dans des structures de placement. Et lorsqu’ils sont placés en détention, dans les établissements pénitentiaires, veiller à ce que leur cursus scolaire ne soit pas interrompu, leur formation professionnelle puisse être assurée et qu’ils en sortent vraiment comme des citoyens normaux qui peuvent contribuer vraiment au développement de leur pays. Je pense que c’est toute cette philosophie qui est en train d’encadrer la création de cette direction de protection judiciaire de l’enfant et nous allons, dans les prochains mois, tout mettre en œuvre pour que cette direction soit opérationnelle », a conclu Mamoudou Kassogué.
Mamadou Diarra
