Dans la nuit de mercredi à jeudi, Niamey a été secouée par de violentes détonations près de l’aéroport international Diori Hamani. Les explosions qui ont duré près de deux heures d’horloge ont été suivies de crépitements d’armes de petit et gros calibre. Cet épisode, qui a plongé la capitale nigérienne dans le suspens avant la riposte électrique des forces armées nigériennes, s’inscrit dans une série d’actions sponsorisées visant à déstabiliser le Niger et par ricochet toute la région sahélienne de l’Afrique.
Cette attaque rappelle fortement celle survenue le 17 septembre 2024 à Bamako, où l’aéroport international Président Modibo Keïta Senou et l’École de gendarmerie de Faladié avaient été pris pour cibles. Revendiquée par un groupe affilié à Al-Qaïda, cette opération avait causé d’importants dégâts humains et matériels. En visant à la fois une infrastructure aérienne et un centre de formation militaire, les assaillants avaient démontré leur volonté de frapper au cœur des capacités sécuritaires du Mali. Ces attaques coordonnées traduisent une stratégie claire : affaiblir les institutions de défense et semer la peur dans les capitales.
Le Burkina Faso n’a pas été épargné par ces manœuvres déstabilisatrices. Les différentes tentatives de coup d’État, dont la dernière a conduit à l’extradition de l’ancien président Paul-Henri Damiba, illustrent bien la fragilité politique que les forces hostiles tentent d’exploiter. Ces coups de force internes, souvent alimentés par des influences extérieures, visent à créer un climat d’instabilité propice à l’expansion des groupes armés. Ils s’inscrivent dans une logique de sabotage des projets d’intégration à la fois politique que sécuritaire de la Confédération Alliance des États du Sahel.
Ces attaques et tentatives de déstabilisation ne sont pas le fruit du hasard. Elles révèlent l’existence de sponsors étrangers qui, tapis dans l’ombre, alimentent les réseaux terroristes en ressources financières, logistiques et idéologiques. Ils visent spécifiquement à fragiliser les États sahéliens, empêcher l’émergence d’une confédération souveraine et maintenir la région dans un état de dépendance perpétuelle.
Très alertent, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont toujours contenir les menaces. Ainsi à Niamey, malgré la violence des détonations et la durée des échanges de tirs, la riposte rapide et organisée des forces de sécurité a empêché une déstabilisation majeure. À Bamako, les Forces armées maliennes ont réagi avec fermeté, arrêtant plusieurs suspects impliqués dans l’attaque de l’École de gendarmerie et de l’aéroport. Au Burkina Faso, les manœuvres politiques orchestrées par des parrains extérieurs n’ont pas réussi à briser la dynamique de résistance et de réorganisation interne. Dans chacun de ces cas, la résilience des États du Sahel s’est affirmée comme un facteur déterminant.
L’Alliance des États du Sahel (AES) a fait de la lutte contre le terrorisme et la souveraineté régionale une priorité absolue. Le projet de Confédération des États du Sahel incarne cette volonté de bâtir une union politique et sécuritaire capable de résister aux pressions extérieures.
La mise en déroute des assaillants à Niamey, l’échec des attaques de Bamako et la résistance aux coups de force au Burkina Faso, en plus de la montée en puissance, prouve que les États du Sahel ne se laisseront plus dicter leur avenir.
Malgré la persistance des menaces, les djihadistes et leurs soutiens étrangers sont progressivement mis en déroute, et le Sahel affirme sa volonté de construire un avenir commun, affranchi des ingérences extérieures.
Ibrahim Kalifa Djitteye
