Le Mali vient de franchir une étape majeure dans la construction de sa souveraineté numérique. Avec l’inauguration d’un Data Center de niveau Tier III, le pays se dote d’une infrastructure stratégique destinée à sécuriser ses données, renforcer ses services publics numériques et réduire durablement sa dépendance aux solutions étrangères.
Le samedi 31 janvier 2026, en marge de la 3ᵉ édition de la Semaine du Numérique du Mali, les autorités maliennes ont procédé à l’inauguration officielle du Data Center Tier III, une infrastructure de référence répondant aux standards internationaux les plus exigeants. La cérémonie s’est tenue en présence du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, ainsi que des ministres en charge du numérique du Burkina Faso et du Niger, soulignant la dimension confédérale de cette réalisation portée par l’espace AES.
Conçu selon les normes Tier III, le Data Center offre une disponibilité élevée des services, estimée à 99,982 %, grâce à une redondance complète des équipements critiques et à une continuité de service assurée même lors des opérations de maintenance. L’infrastructure intègre également des dispositifs avancés de sécurité physique et logique, garantissant la protection des données hébergées. Elle est appelée à accueillir les bases de données stratégiques de l’État malien, les plateformes de l’administration électronique et les services numériques publics, tout en constituant, à terme, un socle mutualisé pour les besoins numériques de la Confédération des États du Sahel.
Sur le plan opérationnel, cette mise en service marque un tournant décisif. Elle permet l’hébergement souverain des données gouvernementales et des applications critiques, met fin au recours systématique aux infrastructures étrangères et au cloud extraterritorial, et améliore significativement la performance, la résilience et la cybersécurité des services publics numériques. Le Data Center constitue également une base fiable pour le développement de l’e-gouvernement, des services financiers numériques, de l’intelligence artificielle et des plateformes numériques nationales.
Au-delà de la technologie, l’infrastructure revêt une portée stratégique affirmée. Elle s’inscrit dans la vision des Chefs d’État de l’AES, qui ont érigé la souveraineté numérique en pilier central de l’affirmation étatique, au même titre que la sécurité, la défense et l’indépendance économique. En maîtrisant l’hébergement et la protection des données, le Mali renforce son contrôle sur la décision publique et la protection des informations sensibles des institutions et des citoyens.
Issa Djiguiba
