En mission à Belgrade pour commémorer la création du Mouvement des Non-Alignés, le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop porte la voix du Mali sur la scène internationale. Entre hommage à l’héritage du Président Modibo Keïta et renforcement des liens stratégiques avec la Serbie, Bamako réactive un levier historique au service de son indépendance géopolitique.
Représentant le Président de la Transition, le chef de la diplomatie malienne s’inscrit dans la droite ligne de la conférence de Bandung (1955) et de celle de Belgrade (1961). Acteur majeur de la création de ce regroupement transrégional, le Mali a contribué à offrir aux nations du Sud une voie d’affranchissement face à la logique des blocs. Soixante-cinq ans plus tard, la présence de la délégation malienne consacre cette tradition souverainiste et le rôle pionnier du Président Modibo Keïta dans la quête d’un monde multipolaire.
En marge des cérémonies, la diplomatie malienne s’active sur le plan bilatéral. Ce lundi 31 août 2026, Abdoulaye Diop s’est entretenu avec son homologue serbe, Marko Duric, ainsi qu’avec le ministre de l’Intérieur, Ivica Dacic. Ces échanges de haut niveau ont permis d’explorer de nouvelles pistes de coopération entre Bamako et Belgrade, notamment en matière de sécurité et de partenariat institutionnel. Ce mardi 1ᵉʳ septembre 2026, le ministre tiendra la tribune lors du débat général pour exposer la vision contemporaine du Mali face aux défis globaux.
En rejouant sa partition sur la scène du Non-Alignement, le Mali démontre que sa quête d’autonomie stratégique contemporaine n’est pas une posture circonstancielle, mais le prolongement fidèle de son identité diplomatique.
Bagna MAÏGA/KD
