En prélude aux travaux officiels, la Première Vice-présidente de l’OMS/AFRO a pris part le dimanche 23 août à une réunion ministérielle de haut niveau consacrée à la prévention et à la gestion des pandémies. Face aux risques épidémiques récurrents, le Colonel-major Assa Badiallo Touré a plaidé pour un changement de paradigme : quitter la logique de simple réaction pour adopter une culture de préparation, d’innovation et d’apprentissage continu.
S’appuyant sur l’expérience malienne soutenue par un réseau de laboratoires multisectoriels, un plan multi-risque et des instituts de recherche reconnus, la ministre a martelé que la recherche clinique et les essais ne doivent plus être relégués en marge de la gestion de crise, mais bien intégrés au cœur de la riposte.
Ce lundi 24 août, les échanges se sont orientés vers deux piliers stratégiques : la production locale de médicaments et le financement de la santé. Pour le Mali, fabriquer ses propres soins dépasse le cadre médical pour devenir un impératif d’indépendance industrielle et de souveraineté nationale, nécessitant de lever simultanément les verrous réglementaires, commerciaux et financiers.
Revenant sur le modèle de financement malien partagé entre l’État, les partenaires internationaux, les mécanismes d’assurance et la contribution directe des ménages, la ministre a rappelé l’urgence d’accélérer vers la Couverture Sanitaire Universelle (CSU). L’enjeu prioritaire reste la mutualisation des ressources et la baisse des paiements directs pour protéger les familles contre le spectre des dépenses de santé catastrophiques.
Le Mali rappelle une exigence clé depuis la tribune d’Addis-Abeba : face aux menaces sanitaires de demain, la résilience de l’Afrique ne se négociera pas dans l’urgence des crises, mais dans la souveraineté de ses choix d’aujourd’hui.
Bagna MAÏGA/KD

