Pour recueillir ses avis sur les pistes de sortie de crise évoquées par les différents protagonistes, nous avons tendu notre micro à l’Honorable Coulibaly Oumou Coulibaly, élue du parti APR en commune V. Dans cet entretien, elle préconise le dialogue comme seule alternative pour une sortie de crise. Elle ne partage pas cependant, les propositions relatives à la dissolution de l’Assemblée nationale et la tenue d’élections partielles.
Le Sursaut : Pouvez-vous, vous présenter à nos lecteurs ?
Mme Coulibaly Oumou Coulibaly : Je suis opératrice économique, chancelière de l’ordre national du Mali, ex 5ème adjointe au maire de la CV, député élue aux législatives 2020 sous les couleurs de l’APR (Alliance Pour la République).
Vous êtes à votre premier mandat à l’Assemblée nationale, vous pouvez nous dire comment vous percevez la mission d’un député et qu’est-ce que vous comptez faire durant votre mandat ?
Mme Coulibaly Oumou : Bien sûr, je suis à mon premier mandat, je me donne comme mission de défendre des lois de développement de notre pays et surtout celles relatives à la valorisation de la femme dans notre pays. Il s’agira de veiller aussi à l’application stricte de la loi 052, destinée à la promotion des femmes aux fonctions électives et nominatives. Je me battrai pour relever ce défi. Durant mon mandat je vais redoubler d’efforts pour honorer la confiance placée en ma modeste personne par la population de ma commune.
Aujourd’hui, en plus de la crise sécuritaire, le pays vit une crise politique et institutionnelle, quelle lecture faites-vous de cette situation ?
Mme Coulibaly Oumou : La crise politique qui a vu le jour aujourd’hui n’était pas la bienvenue, déjà il y avait une crise sécuritaire au Nord et au centre, ce n’est pas le moment d’aggraver la situation et polluer l’atmosphère par des problèmes de personnes. Je pense que c’est la lutte pour des intérêts personnels qui ne fait que déstabiliser toutes nos économies en plus de covid19. Il est temps qu’on réfléchisse et fasse preuve de responsabilité pour sauver ce pays.
Dans le cadre de la décrispation de cette crise, des voix parlent de la dissolution de l’Assemblée Nationale ou de l’organisation d’élections partielles dans certaines localités dont certainement la vôtre, qu’est-ce que vous pouvez dire par rapport à ces propositions ?
Mme Coulibaly Oumou : Les voix qui parlent de la dissolution de l’Assemblée Nationale, je pense que ce n’est pas la porte de sortie de cette crise. Il faut que chaque Malien sache que le seul médicament pour endiguer cette crise est le dialogue. Parlant de l’élection partielle, je ne partage pas cette option.
Par exemple, notre liste RPM-APR a été légitiment élue par nos populations et tous les cas de fraudes relevés par nos délégués électoraux ont été signalés par requête à travers des rapports d’huissier. Ces requêtes peuvent être vérifiées au niveau des institutions électorales, tels que le Gouvernorat et la Cour constitutionnelle. Je ne me sens pas du tout concernée par ces éventuelles élections partielles, car notre alliance a fait sa victoire dès le premier tour et au 2ème tour avec l’arrivée et le soutien d’une dizaine de partis. On était soutenu par tous, je ne me retrouve pas dans ces élections partielles.
En tant qu’élue quel message avez-vous à l’endroit de l’opinion publique nationale ?
Mme Coulibaly Oumou : Je lance un appel à l’endroit de nous les Maliens de penser à la recherche de la stabilisation de notre pays. Personne ne pourra faire du Mali, un Mali meilleur, mieux que les Maliens eux-mêmes. Nous sommes des croyants donc pensons à l’avenir de nos enfants, cherchons à dialoguer pour qu’on puisse avoir la paix.
Propos recueillie par Fatoumata Coulibaly
