Dans une interview accordée à l’ORTM dans le cadre de l’émission Mali Kura Taasira3, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyene, a présenté quelques grandes réalisations dans le domaine de la communication sous la Transition au Mali.
« Aujourd’hui, nous sommes dans un environnement de conflits où il y a toutes sortes d’hostilités à l’encontre de l’État du Mali et des États de l’AES, et nous ne pouvons que nous mettre dans cette ambiance. Ce qui fait que nous avons d’abord une communication de résilience et aussi une communication offensive. La meilleure façon de se défendre, c’est d’attaquer. Grâce à l’appui du gouvernement, nous avons réalisé des centres de production audiovisuelle dans toutes les régions. À ce jour, je peux dire que toutes les régions du Mali sont couvertes médiatiquement », a indiqué le ministre en charge de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, pour adapter cette communication au contexte et à l’environnement spécifique du Sahel.
Ainsi, au début de son interview, Ag Ilyene a levé le doute sur la question de la Tour de l’ORTM, un joyau architectural avec une enveloppe de près de 10 milliards de francs CFA, qui servira de siège à la télévision nationale du Mali. Commencés depuis 2011, le ministre a assuré que tout est mis en œuvre par le gouvernement pour finir rapidement les travaux.
Dans son interview, le ministre a aussi fait mention des grandes réformes enclenchées dans le secteur de la communication, et plus particulièrement des médias. Cette réforme a été menée, selon lui, de façon inclusive, en mettant tout le monde à contribution. Les textes, dit-il, sont prêts et se trouvent actuellement dans le circuit d’approbation. Mais, déjà, une fois approuvés, rassure-t-il, ils seront une réponse aux dures réalités socio-économiques du secteur.
Sur la question de l’attribution de la carte de presse, le ministre Alhamdou a souligné que le métier de journaliste est un métier très important et qu’il est impossible de donner la carte de presse à tout venant. C’est pourquoi, selon lui, des mesures ont été prises pour moderniser, moraliser et professionnaliser la fonction. D’après lui, l’obtention de la carte de presse est devenue aujourd’hui très rigoureuse. Cela parce que dans la démarche de la refondation de l’État, il n’est plus accepté que tout le monde devienne journaliste ou détenteur d’une carte de presse.
« Ce que je peux affirmer concernant le secteur des agences de communication, c’est que c’est un domaine très vital pour l’économie du pays, car elles créent des emplois, paient des impôts et font la promotion des industries. Mais nous avons constaté qu’il y avait un total laisser-aller dans le domaine. Nous travaillons là-dessus pour mettre de l’ordre. Récemment, nous avons libéré plus d’une soixantaine d’agréments, et nous avons aussi publié une note pour interdire à tous les partenaires de travailler avec ceux qui ne sont pas détenteurs d’un agrément », a relaté le chef du département de la Communication.
Abordant le sujet des médias sociaux, le ministre Alhamdou Ag Ilyene dit ceci : « Ce sont des communicants à encourager, mais que j’appelle à la professionnalisation et à plus de rigueur ».
À travers son interview, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyene, a aussi fait mention du projet Mali numérique, qui est un projet fondamental composé de trois volets, à savoir : la fibre optique, les data centers et les caméras de surveillance.
« Nous participons à travers ces trois composantes à la sécurisation du pays. Le projet a déjà permis de poser plus de 1 000 kilomètres de fibres optiques, dont 200 à Bamako et le reste à l’intérieur du pays. Cela vise à permettre à nos citoyens de participer à la digitalisation de l’administration. »
Le ministre Alhamdou Ag Ilyene a, dans son interview, parlé aussi de la signature électronique, qui est essentielle dans la mesure où il est presque impossible de faire un bon travail sans elle. Bien que le Mali ait accusé du retard par rapport à certains pays, dit-il, grâce à un projet du ministère des Finances, qui apporte un appui, il est à espérer que dans le premier semestre de l’année 2026, il pourrait y avoir une signature électronique qui donne plus de sûreté aux actes du gouvernement.
« Dans le cadre de l’attribution de la licence de la Sotelma, le gouvernement du Mali a formé une équipe qui a cédé la licence. La somme obtenue est de 160 milliards de FCFA. Nous avons pu obtenir aussi le poste de président du Conseil d’administration, le poste de Directeur général adjoint, etc. À cela s’ajoute le fait que le Mali est devenu actionnaire majoritaire de Moov Africa », a fait savoir le chef du département de la Communication, M. Ilyene. Il a poursuivi en ces termes : « Les agences de télécommunication ont toutes des cahiers des charges qui les obligent à prendre des engagements envers le gouvernement. Elles ont l’obligation de faire le maximum pour rendre accessible la communication à tous les Maliens, démocratiser la gestion téléphonique et les prestations des opérateurs. »
Apportant des arguments par rapport à la communication dans le cadre de l’AES, le ministre Alhamdou Ag Ilyene a mis l’accent sur la communication dans les langues nationales officielles, qui sont au nombre de 13 au Mali. Il a annoncé le projet de la radio de l’AES, qui sera basée à Ouagadougou, la presse écrite qui sera basée à Niamey, et la grande télévision de l’AES qui sera basée à Bamako et dont les travaux commenceront dans quelques mois.
En ce qui concerne la collaboration internationale dans le domaine du numérique, le patron du département de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration a rassuré sur l’étroite collaboration avec une société spatiale de la Russie. Selon lui, le Mali veut lancer son satellite en orbite et ce projet est en cours de réalisation avec les pays de l’AES et d’autres pays intéressés. Dans quelques années, le Mali aura son satellite, a-t-il fait savoir. Pour le moment, le Mali a opté pour l’obtention de deux satellites, souligne-t-il : un satellite de communication et un satellite de télédétection. De la création d’un satellite à sa mise en orbite, il faut une durée de 4 ans, a-t-il expliqué, tout en ajoutant que l’espérance de vie d’un satellite évolue entre 7 et 15 ans. C’est pourquoi, selon lui, des jeunes universitaires dans le domaine des mathématiques et de la physique-chimie seront envoyés en Russie pour des formations, afin qu’ils puissent constituer les ressources humaines nécessaires à la réalisation de ces satellites.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
