Tiendrai le délai ou ne tiendra pas ? C’est la question que se posent en ce moment tous les maliens aussi bien que les observateurs internationaux. Mais à l’allure où vont les choses, l’on se dit que la transition pourrait déborder, à moins d’un miracle.
Après un deuxième coup d’état opéré par la junte en mai dernier, la communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait imposé un calendrier électoral prévoyant une présidentielle et des législatives au Mali fin février, début mars 2022.
Ce que ne semble pas avoir apprécié Bamako : « des exigences fixées sans se poser les questions de savoir quelles sont les étapes pratiques qu’il faut franchir pour arriver », a rétorqué le Premier Ministre malien, dépité par la décision de la communauté.
Même si certains détracteurs reprochent à la transition de temporiser pour gagner du temps et se maintenir au pouvoir, il faut tout de même reconnaitre que le délai fixé est trop restreint, trop court pour attaquer et mener à bien les tâches qui incombent à la dite transition.
Tâche dont la plus colossale est l’organisation d’élections saines et transparentes. Car la grosse plaie qui a toujours affecté le Mali demeure c point. Et depuis l’avènement de la démocratie en 1991, aucune élection n’a échappé aux tripatouillages et aux magouilles.
Et même la première. Dans ces conditions, il faut garder la tête froide, éviter la précipitation, et s’attabler en toute tranquillité à ériger des garde-fous susceptibles d’assainir la situation.
Sinon, le pays risque de sombrer dans une spirale de troubles et de crises sans fin. A titre d’exemple, une des crises les plus sévères qui a secoué le défunt régime s’était cristallisé autour des résultats du scrutin législatif.
Sur ce point semble des élections comme sur autres points tout aussi sensibles, comme la question de la révision constitutionnelle, la transition, si elle venait à se prolonger, bénéficierait de circonstances atténuantes.
Mais, par ailleurs, ce qui lui est reprocher, c’est cette tendance à se lancer et à s’empêtre dans de vaines procédures qui sont hors de son rayon d’action, contribuant à perdre inutilement du temps. Alors que son temps à elle est compté. Ces arrestations provenant d’affaires qui ne datent pas d’aujourd’hui, auraient pu attendre et être ajournées en attendant un horizon plus serein et un président démocratiquement élu.
Perte et gâchis de temps inutiles alors que la situation impose de parer au plus pressé. Et d’ailleurs, la dite transition ne sera pas là pour voir l’épilogue du procès de ces affaires politiques qui durent toujours en longueur avant d’être enclenchées.
Ladji Diakité
