Le mardi 29 septembre 2021, les larmes ont à nouveau coulé dans des familles maliennes. Plusieurs éléments de l’Unité d’élite de la gendarme, la Fosat, ont été victimes des balles assassines d’une horde de criminels sur la route du Sénégal, entre Sébabougou et Kwala, à 188 km de Bamako, dans la région de Nara. Selon un communiqué diffusé par les FAMa sur leur site d’information, l’attaque a eu lieu aux environs de 8h30. Le bilan de cet acte crapuleux est particulièrement lourd : cinq gendarmes ont été tués, quatre personnes ont été blessées et 11 porte-chars ont été brûlés. Les éléments escortaient un convoi de matériels lourds appartenant à une société minière installée dans la région de Kayes. Comme d’habitude, les assaillants ont utilisé la technique des lâches, qui consiste à poser un piège incendié sur la route, aspergeant nos hommes de déluge de feu, qui ne leur laisse aucune chance de se défendre et disparaître dans la nature comme une trainée de poudre, avec des matériels récupérés aux cadavres qui n’avaient plus de moyens de se défendre. Qu’ils ont brandis plus tard sur les réseaux sociaux comme un trophée de guerre.
Cette énième attaque ignoble augmente la liste des embuscades sur ce tronçon de ravitaillement de notre capitale par les ports de Dakar et de Nouakchott. La dernière attaque a coûté la vie à deux camionneurs marocains. Ce crime avait été précédé en juillet dernier par une attaque à Kwala de l’entreprise d’Assainissement, de travaux de transport et de maintenance (Attm) et la China National Overseas Engineering Corporation (Covec). La société est chargée de l’exécution des travaux du tronçon Kwala-Nara. Au cours de cette attaque, trois Chinois et deux Mauritaniens travaillant pour les deux entreprises avaient été enlevés par les assaillants.
En mettant bout à bout la rapidité de ces expéditions meurtrières et le professionnalisme avec lequel les assaillants procèdent, tout porte à croire que ceux-ci sont loin d’être de simples djihadistes que certains médias tentent de faire avaler à nos populations crédules. C’est pour cette raison que de forts soupçons pèsent sur des forces étrangères, qui opèrent sous nos cieux à la faveur de la fameuse opération Takuba.
Surtout, les circonstances dans lesquelles l’attaque a eu lieu renforcent la conviction de nombre de Maliens, qui croient à la possibilité de main invisible derrière cette attaque macabre. Car, elle intervient au lendemain du discours historique du Premier ministre Choguel K. Maïga au pupitre des Nations Unies. Discours dans lequel il a rappelé l’objectif de la paix, non encore atteint 8 ans après le déclenchement de l’opération «Serval», devenue successivement «Barkhane» et «Takuba» actullement. Et, le hic qui fait tilt ici, c’est qu’après avoir créé les conditions d’une insécurité généralisée, tel un cancer qui a gangréné pour atteindre tout le pays, la France décide de façon unilatérale de se retirer du Mali, sans informer les autorités en charge du pays, comme si devant, il n’y a que de la matière inerte. Cette attitude de mépris justifie dès lors la recherche de nouveau partenaire par le Mali pour sécuriser le pays. Ce qui est une mission régalienne de tout Etat sérieux. A la lumière de ces événements du mardi, il va sans dire que ces actions macabres visent à étouffer économiquement la population de la capitale pour créer les conditions objectives d’un nouveau soulèvement populaire contre les autorités de la transition comme le tsunami qui a emporté le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta.
Après avoir empêché les populations paysannes de l’Office du Niger, des périmètres irrigués de Diré, de Niafunké, de Goundam, de Tombouctou, bref de tout le septentrion et les régions du Centre de travailler la terre pour gagner leur pain, les hommes armés à la solde de ces forces invisibles visent à créer la famine dans le pays. Le déficit pluviométrique qui s’annonce déjà dans certaines zones encadrées par la Cmdt laisse présager de gros risques de déficit alimentaire dans une grande partie du pays. Et, il est connu de tous les partenaires que le Mali importe le complément alimentaire, notamment la pomme de terre et l’oignon du Maroc. Le riz nous vient d’Asie et d’Amérique latine via le port de Dakar. Avec l’appauvrissement de nos cours d’eau en poisson et la flambée du prix de la viande rouge à Bamako, les consommateurs maliens se sont déportés sur le poisson de mer, qui nous est livré par la Mauritanie, le Sénégal et la Chine. Qui transite par les ports de Dakar (Sénégal), Nouakchott et Nouadibou (Mauritanie). Le transfert de l’insécurité sur cet important axe d’approvisionnement de notre pays vise tout simplement à créer la famine et la précarité dans notre pays. L’assassinat crapuleux de deux chauffeurs marocains, les techniciens chinois et maintenant cette attaque lâche et ignoble contre un convoi de transports de matériels de mines est une manière d’intimider les amis du Mali à se détourner de notre capitale. Cette stratégie d’asphyxie ne peut être l’œuvre d’aucun prétendu djihadiste, comme la radio de propagande tente de faire avaler à nos populations crédules. Elle participe également de la mise en œuvre d’un plan machiavélique bien réfléchi destiné à isoler le Mali sur le plan international, le faisant passer d’un pays non fréquentable du fait de l’insécurité généralisée et créer le doute dans la tête des Maliens à la capacité managériale des autorités de la Transition. Il urge dès lors pour celles-ci de mettre en place de bonne stratégie de communication pour déconstruire la thèse djihadiste qu’on tente toujours d’administrer dans notre imaginaire collectif pour mieux nous endormir et nous faire avoir.
Après le discours de redressement du Premier ministre devant les Nations Unies, tous les esprits avertis se doivent de se convaincre que la France va user de tous les moyens pour créer le chaos au Mali. L’événement du mardi en est une illustration parfaite.
Affaire à suivre
STK
