Un militaire malien de retour du nord témoigne : « quand nous poursuivons des éléments Jihadites, et qu’ils s’infiltrent dans une cité, par la suite tous disparaissent comme par miracle. Et quand, parvenus sur les lieux, nous demandons des renseignements aux populations, mine de rien, ils répondent n’avoir vu personne. Et nous avons mis du temps pour comprendre qu’ils cachaient et protégeaient les intégristes et même leur offraient le gîte et le couver ».
Et les difficultés auxquelles étaient confrontés les FAMA ne s’arrêtaient pas là. Et le même militaire de poursuivre : « même notre service de renseignement était captées par l’ennemi. Nous en étant rendus compte plus tard, nous avons dû changer de stratégie en communiquant en bobo. Langue qu’ils ne comprennent pas ».
Une guerre n’et facilitée que par le renseignement. Renseignement militaire et civile, celle provenant des populations.
Et c’est grâce au renseignement que leur fournissait la population vietnamienne que ses troupes ont réussi à démanteler la machine de guerre américaine, infligeant une cinglante défaite aux Yankees.
Un agent de police, commissaire de son état, interrogé sur la question, explique : les militaires maliens n’ont rien fait pour s’attirer la sympathie des populations locales. Et pire, ils sont allés jusqu’à exercer des exactions sur certains habitants qu’ils traitaient sans preuve de collaborateurs, sinon même d’intégristes. Dans ces conditions il ne faut pas s’attendre à autre chose. Nos soldats ne font que récolter le vent puisqu’ils n’ont semé que la tempête ».
Une armée nationale est avant tout citoyenne, car elle est au service de la population. Et par conséquent, elle se doit d’entretenir de bonnes relations avec celle-ci. D’ailleurs, ce serait paradoxal que le courant ne puisse pas passer entre une force armée et ceux dont elle a en charge la protection.
L’armée ne doit pas être un bourreau pour les civils. Du côté des FAMA, il urge d’accentuer la formation civique et sur les droits de l’homme.
Ben Diakité Ladji de Balzac
