Sortez du sensationnel avec des larmes de crocodile inutiles. Ce qui s’est passé à Niono et ailleurs est la conséquence de toutes les autres brutalités infligées par des fous alliés. Des villages ont été rasés dans ce même pays avec des images plus tragiques que celles de Niono et de Sofara. La raison est simple : nous sommes en guerre.
Si c’est maintenant que certains se rendent compte de la gravité, ils doivent comprendre que pendant plus de huit années, le Mali fait l’objet de massacres et de destruction de vies humaines sans pareille, avec au compteur des milliers de morts et pour la simple cause d’intérêts bidons d’une communauté internationale pourrie avec des organismes financiers sans foi ni loi, qui financent les plus grandes atrocités du monde pour les légitimer à l’aide de leurs supports médiatiques de propagande. La radio France internationale (RFI) est dans son rôle, parce qu’elle ne nous appartient pas. Si nous sommes incapables de nous informer de ce qui se passe dans notre propre pays, à qui s’en prendre ?
Le gouffre dans lequel nous sommes sombrés n’est ignoré par personne aujourd’hui. Il est temps de cesser de faire semblant et de nous assumer, afin de sortir de ce chaos infernal qui ne tolère aucune paix et aucun espoir. Les questions de personnes viendront après, parce que nous sommes tous menacés et suffisamment en danger pour nous obliger à mettre de côté nos egos démesurés au nom même de la préservation de la vie humaine qui est sacrée. Si nous ne parvenons pas à accorder ce respect à la dignité humaine, nous aboutirons irrémédiablement dans un autre conflit ethnique dans un Mali à plusieurs foyers ethniques à haute tension. C’est la plus grosse bombe sur laquelle n’importe quel ennemi jouera. Rendons nous compte des enjeux. Il est urgent.
Touré Abdoul Karim
