Le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, a reçu ce vendredi le Rapport 2024 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries extractives au Mali (ITIE Mali). Un document qui met en lumière le poids stratégique du secteur extractif dans l’économie nationale, avec des recettes en forte progression.
Une contribution déterminante à l’économie
Selon les données présentées, le secteur extractif a généré 978 milliards de francs CFA en 2024, contre 640 milliards en 2023. Il représente à lui seul 41 % des recettes budgétaires de l’État, 10 % du Produit intérieur brut (PIB) et 79 % des exportations du pays.
Malgré cette performance, sa contribution à l’emploi demeure limitée, avec seulement 1,6 % des emplois, dont environ 6 % occupés par des femmes.
Une répartition dominée par le budget national
Sur les 978 milliards de FCFA mobilisés, 954 milliards, soit 98 %, ont été affectés au budget national. Les collectivités territoriales ont bénéficié d’environ 10 milliards de FCFA, tandis que d’autres structures, notamment l’UEMOA et la Chambre des mines, ont reçu des parts plus modestes.
Les contributions sociales des sociétés minières, quant à elles, s’élèvent à 2,8 milliards de FCFA, représentant moins de 1 % des recettes totales.
L’or reste le moteur du secteur
La production minière malienne reste largement dominée par l’or. En 2024, 54,88 tonnes ont été produites pour une valeur estimée à 1 632 milliards de FCFA, soit près de 95 % de la production totale.
Sur le plan commercial, l’Afrique du Sud se positionne comme le principal destinataire des exportations extractives du Mali, avec 79 % des volumes, suivie de l’Australie (14 %) et de la Suisse (4 %).
Un secteur en pleine dynamique
Le rapport indique qu’au 31 décembre 2024, le Mali comptait 705 titres miniers actifs, dont 74 % consacrés à la recherche. Treize projets sont actuellement à un stade avancé d’exploration, tandis que deux titres pétroliers restent actifs.
Transparence et perspectives
Présidant la cérémonie, le ministre des Mines, le Pr Amadou Keïta, a salué la régularité de cet exercice, qu’il considère comme un pilier de la transparence dans la gouvernance du secteur.
Il a annoncé la prochaine transmission du rapport au Premier ministre, marquant ainsi le lancement d’une campagne nationale de vulgarisation. L’objectif est de permettre aux populations de mieux comprendre les enjeux du secteur extractif, ainsi que l’utilisation des ressources générées.
Dans un contexte de réformes engagées, les autorités entendent renforcer davantage la transparence et faire du secteur minier un aspect essentiel de développement économique.
Kémoko Diabaté
