Le problème de la montée vertigineuse des prix des denrées de première nécessité est devenu un vrai casse-tête chinois pour les consommateurs maliens. Pas étonnant dans un pays où les commerçants n’en font qu’à leur tête, fixant délabrement les prix à leur guise, sans être nullement rappelés à l’ordre.
Libéralisation du commerce ne veut pas dire anarchie. Même si l’état malien a opté pour cette libéralisation du négoce, il doit quand même disposer d’une caisse de péréquation chargée de régenter les prix. Un garde-fou étatique chargé de jauger et de communiquer les prix, et fixant le juste milieu. Sans léser commerçants ni consommateurs.
Le principal prétexte à ces prix excessifs est la hausse des prix à l’achat chez le fournisseur. Ce qui n’est pas toujours vérifié. Quelquefois, et même assez souvent, on s’accroche à l’argument du coût des transports de marchandises.
Soit, mais est-ce à dire qu’on peut se lever un beau matin pour fixer à sa guise le prix de son choix sans autre forme de procès ? Nullement, car nous sommes dans un pays de droit et d’ordre. Et aucune décision ne doit être appliquée qui n’ait l’aval de l’état censé diriger le dit pays. Et avant de programmer une augmentation de prix, des démarches sont nécessaires au niveau étatique qui, le cas échéant pourrait subventionner la marchandise en question.
Mais, dans cette anarchie rampante, c’est le gouvernement qui endosse la plus grande responsabilité pour la bonne et simple raison qu’il a toujours laissé faire sans mettre le holà, contribuant ainsi à encourager cette pagaille commerciale. Sinon, s’il y avait un brin d’organisation, on n’en serait point-là.
Les boulangers qui viennent de tenter une augmentation abusive sur le prix de la baguette de pain, semblent avoir menti dans leur démarche. Car, même si le prix d’achat de la farine de blé à sensiblement monté, il n’en demeure pas moins qu’ils perçoivent toujours un bénéfice substantiel, nous a rapporté l’un des leurs sous le sceau de l’anonymat.
Chers commerçants, à une crise majeure et dramatique qui ne fait qu’endeuiller le pays, s’il vous plait, n’en rajoutez pas. Car à cette heure, on d’autres préoccupations que de se faire du tracas pour son alimentation. Le pays acculé dos au mur et confronté à d’énormes problèmes de survie a en ce moment d’autres chats à fouetter que de retourner constamment sur de petits problèmes intérieurs.
« Le malien n’aime que les périodes de plomb », éternelle rengaine des citoyens maliens. Des périodes comme le mois du ramadan où les temps de disette comme le moment que nous vivons. C’est à ces moments que les commerçants véreux en profitent pour surenchérir sur les prix sans scrupules. Alors qu’on se dit musulman. Quel paradoxe et quelle hypocrisie !
Que nos commerçants reviennent à la raison. Il y va du salut de tous, à commencer par eux-mêmes. Car il y a une autre justice que cette des hommes.
Ben D. L de Balzac
