Les autorités maliennes, dans leur combat pour le respect de la souveraineté du Mali, ont invité la composante danoise de « Takuba », venue au Mali sans un « accord bilatéral », de quitter le territoire malien. Cette décision courageuse intervient après plusieurs du genre, dont les mises en garde concernant un avion français ayant violé l’espace aérien malien, la relecture du traité militaire Mali-France…
Dans un communiqué publié dans l’après-midi du lundi 24 janvier 2022, le gouvernement de la transition malienne a demandé le retrait immédiat, sur son territoire, de la composante danoise au sein de la force européenne « Takuba ». Le communiqué cite l’absence d’accord bilatéral nécessaire entre les deux pays, avant une telle intervention.
Le gouvernement de la transition en cours au Mali ne cesse d’impressionner par ses actes. Après beaucoup de décisions polémiques, il vient de demander officiellement à la composante danoise au sein de la force européenne « Takuba » de se retirer immédiatement de son territoire national du Mali pour absence de formalités bilatérales nécessaires pour une telle intervention. « Le gouvernement de la république du Mali a constaté avec étonnement le déploiement le déploiement sur son territoire d’un contingent de forces spéciales danoises au sein de la force « Takuba », lit-on dans le communiqué.
Tout en exprimant sa gratitude et ses remerciements à tous ses partenaires intervenant dans le cadre dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le gouvernement a tenu à rappeler qu’il est nécessaire au préalable un accord des autorités maliennes avant tout déploiement. Selon les autorités maliennes, ce déploiement dont il est question est intervenu, non seulement sans le consentement du gouvernement, mais aussi sans considération du protocole additionnel applicable aux partenaires d’opération européens devant intervenir au Mali dans le cadre de la force « Takuba ». Et d’ajouter que protocole prévoit la conclusion d’un accord bilatéral entre la République du Mali et les pays partenaires.
Plus rien ne sera comme avant. C’est en tout cas ce que prouvent les autorités de la transition à travers leurs multiples actions. En effet, avant ce communiqué concernant le Danemark, les autorités de la transition ont su tenir tête avec la France sur la diversification des partenaires dans le cadre de la lutte contre l’insécurité. Même si les autorités maliennes ont précisé qu’il n’y a aucun accord entre le Mali et le groupé de sécurité privé russe, Wagner, la France a fait une campagne de diabolisation du Mali. Elle a menacé de retirer ses troupes au Mali si le gouvernement ne revenait pas sur ses décisions. Mais les autorités maliennes ont continué leur chemin. ET aujourd’hui, les lignes bougent en ce qui concerne la lutte contre l’insécurité au Mali. « Par une analyse objective du contexte actuel et en tenant compte des intérêts vitaux de notre pays, nous avons demandé la relecture de certains accords de coopération militaire. Dans le même temps, de nouveaux accords ont été signés, toujours avec comme objectif essentiel, la sécurisation des Maliens et de leurs biens », a déclaré le président de la transition dans son adresse à la nation à l’occasion du 20 janvier 2022. En plus de cet aspect, le premier ministre de la transition, Dr Choguel Kokalla Maïga ne rate aucune occasion cracher ses verités à la France et plaider pour la souverainneté du Mali. « La lettre que le Président malien Dioncounda Traoré a écrite à l’Etat français pour demander son intervention en janvier 2013, aucune copie n’en existe ni à la présidence, ni au ministère des Affaires étrangères du Mali. L’original de cette lettre se trouve en France et c’est sur le site du Sénat français que nous l’avons retrouvée lorsque nous en avons eu besoin récemment pour demander la relecture des accords militaires déséquilibrés qui font que notre armée ne peut même pas survoler son territoire sans l’autorisation de la France. Ces accords militaires, nous voulons les relire et cela fait partie des raisons pour lesquelles la France dresse le monde entier contre nous. Le 17 novembre 2015, le commandant de Barkhane a animé une conférence de presse où il a affirmé que certains groupes armés avaient un pied chez les mouvements terroristes et un pied dans l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Il n’était pas prévu de militaires français sur notre sol en 2013. Les Français ont respecté cet accord à Konna, à Gao… mais arrivés à l’extrême nord du pays, ils ont bloqué l’avancée de l’armée malienne et fait venir sur le territoire malien 4000 militaires français, avec un budget d’un milliard de FCFA par jour. Ils ont ensuite fait venir d’autres Africains, puis la MINUSMA, tout en interdisant à l’armée malienne d’accéder à une partie de son territoire, alors qu’ils clamaient que leur intervention avait pour but de recouvrer l’intégrité territoire malien ! L’actuel Exécutif de Transition, avec à sa tête le colonel Assimi Goïta, a décidé que nous n’allions plus demander d’autorisation à qui que ce soit pour survoler notre territoire », a-t-il indiqué dans une interview accordée à l’ORTM. Cela après avoir tenu, il y a quelques mois, un discours au siège des Nations Unies.
La réplique du gouvernement aux sanctions illégales et illégitimes de la CEDEAO et de l’UEMOA, les mises en garde à propos d’un avion français qui a survolé le territoire malien sans autorisation… sont, entre autres, les actes par lesquels les autorités actuelles imposent le respect du Mali par le monde entier.
B. Guindo & Issa Djiguiba
Source : LE PAYS
