La salle de 200 places du Mémorial Modibo Keïta a vibré, le 13 août 2025, au rythme des réflexions du professeur Chérif Keïta. Parrain du mois d’août de l’Année de la culture, il a animé une conférence sur le thème : « Mbemba : Salif Keïta et sa quête d’une légitimité artistique ». L’événement s’est déroulé sous la présidence de Nohan Sow, chef de cabinet représentant le ministre Mamou Daffé, et a rassemblé acteurs culturels, proches et amis du conférencier.
Chérif Keïta a mis en lumière la chanson Mbemba, qu’il présente comme un dialogue entre Salif Keïta et la société. Pour lui, l’artiste n’est pas seulement un chanteur, mais un poète et un philosophe. Sa musique éduque, interpelle et transforme. Le professeur a expliqué comment les contradictions de la vie de Salif Keïta se retrouvent dans ses œuvres et font de lui un artiste capable de questionner les valeurs et de revendiquer sa légitimité artistique.
Le conférencier a aussi abordé la notion de fassa, ou fassia, cet espace symbolique où s’inscrivent les actes héroïques et méritoires. Selon lui, seuls ceux qui conjuguent intégrité et excellence peuvent y prétendre. L’art, a-t-il insisté, doit servir la société et transmettre des valeurs collectives. Il a rappelé que certains instruments, hérités des chasseurs et des griots, passent de l’espace mystique au public pour enrichir la culture.
Enfin, Chérif Keïta a évoqué son ouvrage L’Oiseau sur le fromager, publié au Mali en 2001 puis réédité en France en 2009. Il y explore le rôle prophétique de l’artiste conscient et la nécessité de préserver l’héritage culturel et moral des grandes figures maliennes. L’assistance a salué la clarté et la profondeur de ses analyses.
Cette conférence s’inscrit pleinement dans le cadre de l’Année de la culture, initiative de la Transition malienne pour valoriser le patrimoine national et stimuler le débat intellectuel autour de l’art et de la musique. Une rencontre qui rappelle que l’excellence artistique est aussi un devoir social et moral.
Ibrahim Kalifa Djitteye
