Le Centre international de Conférences de Bamako (CICB) a abrité le lundi 8 septembre 2025, la cérémonie officielle de lancement des activités commémoratives de la Journée internationale de l’Alphabétisation, édition 2025. Placée sous le thème « l’alphabétisation à l’ère numérique » par l’UNESCO et « l’alphabétisation numérique : clé pour un avenir inclusif et durable », au niveau national, cette journée était un cadre privilégié pour orienter les frères et sœurs qui n’ont pas eu l’opportunité d’aller à l’école vers l’alphabétisation numérique, un « moyen sûr » dans la promotion des langues officielles. C’était sous la présidence du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga.
Depuis le 22 juillet 2023, 13 langues nationales du Mali sont devenues des langues officielles. La norme suprême, dans son article 31, dispose : « les langues nationales sont les langues officielles du Mali. Une loi organique détermine les conditions et les modalités de leur emploi. Le français est la langue de travail. L’État peut adopter toute autre langue comme langue de travail ». Un acte historique longtemps réclamé par le peuple malien devenu, aujourd’hui, une réalité grâce au leadership souverainiste du président de la transition, le général d’Armée Assimi GOITA. C’est dans ce contexte nouveau que le Mali célèbre, pour la deuxième fois consécutive, la Journée internationale de l’Alphabétisation.
L’édition 2025, placée sous un double thème : « l’alphabétisation à l’ère numérique » par l’UNESCO et « l’alphabétisation numérique : clé pour un avenir inclusif et durable », au niveau national, vise à adapter l’alphabétisation aux mutations technologiques qui imposent de nouvelles formes de compétences.
Selon le ministre de l’Éducation nationale Amadou Sy SAVANE, « l’alphabétisation numérique est un moyen sûr pour les jeunes et pour les adultes non scolarisés ou déscolarisés de promouvoir les langues officielles porteuses de nos valeurs ancestrales, de notre identité culturelle, de notre civilisation, de notre souveraineté ».
C’est pourquoi cette Journée offre l’occasion particulière aux participants de mener un plaidoyer pour une forte mobilisation autour de l’alphabétisation et des langues officielles afin d’amener tous les acteurs, à quelque niveau qu’ils soient, à jouer pleinement leur rôle, leur responsabilité pour un développement endogène.
Aux côtés des avancées notoires, le Premier ministre a, aussi, mis l’accent sur les causes qui freinent l’élan de l’alphabétisation dans notre pays. « Malgré les efforts enregistrés dans le domaine de l’alphabétisation, son taux estimé à 37,6% dans la proportion de la population âgée de 15 ans reste encore très faible…, les effets collatéraux des crises multidimensionnelles que traverse notre pays impactent négativement le secteur de l’alphabétisation avec la fragilisation des programmes éducatifs, la fermeture de nombreux centres dédiés et l’accès limité aux services sociaux de base », a-t-il regretté.
Le chef du gouvernement a, ensuite, engagé l’ensemble des acteurs du secteur à travailler, en synergie, pour la promotion de l’alphabétisation numérique au sein des centres et des structures dédiées.
Dans le contexte confédéral actuel, le Premier ministre malien dira que l’alphabétisation n’est pas seulement une priorité sociale, mais un acte de résistance et de souveraineté. « Parce que l’avenir de la Confédération AES se construit par des citoyens instruits, conscients et engagés », a-t-il ajouté.
Pour Ali Mohamed SINANE, Chef par intérim du Bureau de l’UNESCO à Bamako, cette journée est un appel à l’action, une invitation à réfléchir ensemble aux moyens de faire de l’alphabétisation un levier puissant pour l’inclusion, la résilience et le développement durable dans un monde de plus en plus façonné par le numérique.
C’est pourquoi l’occasion a été mise à profit pour faire un diagnostic sans complaisance des défis auxquels le sous-secteur de l’Alphabétisation et de l’Éducation non formelle (AENF) est confronté dans le but de trouver des solutions. Il s’agit entre autres : du faible niveau de financement du sous-secteur ; la faible qualification du personnel d’encadrement de l’AENF et la précarité des emplois ; le faible niveau de traitement salarial ; le non-fonctionnement des centres Programme Vigoureux d’Alphabétisation et de la plupart des Centres d’Éducation pour le Développement (CED) dû au manque de financement.
Issa Djiguiba
