Ce jeudi 30 avril 2026, l’atmosphère à Bamako était lourde, chargée d’une tristesse que les mots peinent à contenir. La 24e promotion de l’EMIA a rendu un dernier adieu à l’un des siens : le Général d’Armée Sadio CAMARA. Depuis les événements du 25 avril, le Mali pleure non seulement un grand soldat, mais une boussole morale.
C’est d’ailleurs avec cette émotion profonde que, devant les autorités de la Transition et nos frères de la Confédération des États du Sahel (AES), la promotion a salué bien plus que le Ministre d’État : elle a honoré l’homme derrière l’uniforme.
Il faut dire que Sadio était l’incarnation même de la dignité. Là où certains ne voyaient que des impasses, il dessinait avec patience des horizons pour l’unité de notre pays et du continent. Collaborateur infatigable du Général d’Armée Assimi GOÏTA, il a transformé la défense nationale avec une discrétion absolue, fuyant les honneurs pour ne se consacrer qu’à sa mission.
Mais au-delà de ces accomplissements militaires, nous retiendrons l’homme de foi. C’est dans l’intimité de la prière, en communion avec le Créateur, qu’il a tiré sa révérence, nous laissant le souvenir d’une piété sincère.
Cette dimension spirituelle nourrissait sa bienveillance quotidienne. Il était ce « grand frère » qui, malgré les étoiles sur ses épaules, n’a jamais oublié la valeur du respect des aînés et de la solidarité. De la bravoure des sables de Kidal en 2012 à ses gestes de générosité anonymes préférant bâtir une maternité ou offrir un pèlerinage plutôt que de s’enrichir Sadio vivait pour les autres.
C’est pourquoi, à sa famille dont nous partageons chaque larme, ainsi qu’au peuple malien, la 24e promotion veut dire ceci : le baobab s’est peut-être couché, mais il a ouvert une immense clairière de lumière. Son sens du devoir et son amour viscéral pour la patrie sont désormais nos repères.
Adieu, Sadio.
Adieu, mon Général.
Adieu, cher frère d’armes.
Que la terre du Mali, que tu as tant aimée et servie, te soit légère. Repose en paix.
Moussa TRAORÉ/BM
