Le gouvernement sénégalais a annoncé la suppression prochaine de 19 agences publiques et parapubliques dans le cadre de sa politique de réduction des dépenses de l’État. La décision a été rendue publique à l’issue du Conseil des ministres du 4 mars 2026.
L’objectif affiché est de réaliser une économie de 55 milliards de francs CFA (environ 83,8 millions d’euros) sur les trois prochaines années.
Cette mesure intervient dans un contexte économique difficile pour le pays. Le Sénégal fait face à un déficit budgétaire estimé à près de 14 % de son produit intérieur brut (PIB). La dette du secteur public et parapublic était également estimée provisoirement à 132 % du PIB à la fin de l’année 2024.
Une promesse de campagne du parti au pouvoir
La réduction du train de vie de l’État faisait partie des engagements du parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), arrivé au pouvoir en 2024.
Près de deux ans après cette alternance politique, le Premier ministre Ousmane Sonko a confirmé la suppression de ces agences. Selon le gouvernement, certaines d’entre elles ont des missions très proches ou similaires.
D’après le groupe de travail chargé de la rationalisation des dépenses publiques, ces structures coûtaient environ 28 milliards de francs CFA par an (près de 42,7 millions d’euros). Leur suppression devrait donc permettre de réduire certaines dépenses de fonctionnement de l’État.
Le sort de près de 1 000 agents en question
Cette réforme concerne directement environ 982 agents qui travaillaient dans ces agences. Le gouvernement affirme toutefois qu’il ne s’agit pas d’un plan de licenciement.
Le chef du gouvernement a annoncé la création d’un comité chargé de réorganiser et redéployer ces agents dans d’autres services de l’administration publique.
Par ailleurs, dix autres agences publiques devraient voir leurs missions et leur cadre d’intervention revus afin d’éviter les doublons entre institutions.
Des interrogations sur l’effectivité de la mesure
Malgré l’annonce de ces réformes, certains observateurs se demandent si elles seront réellement appliquées. Jusqu’à présent, aucune liste des agences concernées n’a été rendue publique.
Un acteur économique sénégalais, cité par une chaîne internationale sous couvert d’anonymat, s’interroge :
« Ces suppressions d’agences seront-elles vraiment exécutées ? »
Il rappelle également que les effectifs de la fonction publique ont continué d’augmenter depuis l’arrivée au pouvoir du Pastef, avec plus de 8 000 fonctionnaires recrutés en une année, selon les données de la direction sénégalaise de la prévision et des études économiques.
Dans ce contexte, les économies attendues, 55 milliards de FCFA sur trois ans, paraissent relativement faibles par rapport au déficit budgétaire global du pays, estimé à 1 245 milliards de francs CFA (près de 1,9 milliard d’euros).
Kémoko Diabaté

