L’Ambassade d’Espagne au Mali, en collaboration avec Casa África, Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’Union européenne (EUCAP Sahel Mali) et la coopération espagnole, a organisé un atelier sur le journalisme migratoire destiné aux journalistes au Mali. C’était le 23 avril 2026 à l’Ambassade d’Espagne au Mali.
Étaient présents à l’ouverture de cette cérémonie le représentant du ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Mohamed Ag Amadou ; Antonio Guillén Hidalgo, ambassadeur d’Espagne au Mali ; Alberto Cerezo, ambassadeur, chef de délégation de l’Union européenne au Mali et Teresa Botella, cheffe de programme principale de l’OIM-Mali. Le thème de cet atelier était : « Journalisme et récits sur la migration irrégulière : le cas de la route atlantique vers les îles Canaries ».
L’objectif principal de cet atelier était de sensibiliser sur l’importance de construire des récits informatifs basés sur des faits vérifiables, en évitant les préjugés et les stéréotypes, et encourageant une communication qui contribue à une opinion publique mieux informée.
Il avait pour but d’offrir aux journalistes maliens un espace de réflexion et d’apprentissage leur permettant de mieux comprendre les dynamiques migratoires et leur représentation dans les médias, en plaçant toujours au centre la responsabilité éthique du métier.
Prenant la parole, l’ambassadeur d’Espagne au Mali, M. Antonio Guillén Hidalgo a d’abord souhaité la bienvenue à tous les participants qui ont bien voulu prendre part à l’atelier. À ses dires les questions de migration sont très sensibles et, pour les traiter, il faut soi-même disposer d’informations fiables, d’où l’importance de cet atelier.
Face à la montée de la désinformation sur la migration, souvent utilisée par certains politiques à leur propre avantage, M. Antonio Guillén Hidalgo indique que les journalistes ont la lourde tâche de combattre tout un phénomène. Pour y parvenir selon lui, il faut toujours vérifier l’information et ne pas croire à tout ce qui se dit. M. Hidalgo a encouragé les journalistes à traiter avec lucidité les questions liées à la migration.
Selon Alberto Cerezo, ambassadeur, chef de délégation de l’Union européenne au Mali, aucun pays n’a atteint un haut niveau de prospérité en se fermant aux talents, à l’énergie et aux efforts venus d’ailleurs. Cela signifie que chaque pays a besoin de migrants. Mais, à côté de cette réalité lumineuse, dit-il, il y a une ombre qu’il n’est pas facile d’ignorer : « la migration irrégulière ».
« Selon l’Organisation internationale pour les migrations, plus d’un millier de personnes sont mortes ou ont disparu l’an dernier seulement sur les routes vers l’Europe. Il ne s’agit pas de chiffres, mais de vies brisées, de familles détruites, de rêves transformés en tragédie. La migration irrégulière n’est pas une solution : c’est un drame qui exige responsabilité, humanité et une action résolue », a laissé entendre l’ambassadeur Alberto Cerezo.
Pour lui, dans un contexte où l’information joue un rôle déterminant dans la perception de ce phénomène migratoire, cette initiative visant à former les journalistes est essentielle pour promouvoir un traitement plus rigoureux, plus équilibré et plus responsable de ces questions.
Le représentant du ministre des Maliens établis à l’extérieur, Mohamed Ag Amadou a, quant à lui, mis l’accent sur le thème de l’atelier qui, selon lui, est une invite à porter un regard lucide, critique et profondément humain sur cette réalité complexe. D’après lui, la route atlantique vers les îles Canaries est aujourd’hui l’une des plus dangereuses au monde.
M. Mohamed Ag Amadou insiste sur le fait que, dans le traitement des informations sur la migration, le choix des mots constitue un enjeu majeur. Les termes employés ne sont jamais neutres et influencent la perception collective, pouvant parfois contribuer à la stigmatisation de personnes déjà vulnérables. Or, derrière chaque migrant, il y a une histoire humaine : celle d’un jeune en quête d’opportunités, d’une mère cherchant à protéger ses enfants ou encore d’un travailleur confronté à la précarité.
S’adressant aux journalistes, le représentant du ministre a invité à tirer pleinement profit de cet espace d’apprentissage et de réflexion afin d’acquérir les outils nécessaires au traitement des questions migratoires. Selon lui, une migration mal informée est une migration à risque, et une migration éclairée est une migration maîtrisée.
Notons que l’atelier s’étalera sur deux jours « les 23 et 24 avril 2026 ». Durant ces deux jours, les journalistes auront la chance de discuter avec les experts venus de l’Espagne et du Mali sur plusieurs sujets, notamment les discours sur la migration, les mots comptent, les différences dans les récits, les dynamiques migratoires au Mali, la couverture médiatique des migrations dans le journal El país. Expérience sur les routes méditerranéenne et atlantique.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
