Le Radisson Collection de Bamako a accueilli, ce jeudi 23 avril 2026, le 1er Forum AMRTP – Associations des Consommateurs, placé sous le thème « Offres des opérateurs de télécommunications : quel regard pour les consommateurs ? ». La rencontre s’est tenue sous la présidence du Secrétaire général du ministère de l’Économie numérique et de la Communication en présence des autorités administratives et politiques du district, des membres des cabinets ministériels, des représentants des opérateurs des téléphonies et des consommateurs.
Représentant les consommateurs, Kadiani Diabaté a rappelé que « la télécommunication occupe une place importante dans la société malienne ». Selon lui, les usagers deviennent plus exigeants face à certaines situations, notamment la hausse des coûts. Il a insisté sur l’importance de la confiance, affirmant que « sans confiance, il n’y a pas de relation durable entre opérateurs et consommateurs ». Ce message a posé les bases d’un débat centré sur les attentes des usagers.
Le président de l’AMRTP, Seydou Pona Sangaré, a insisté sur le rôle du régulateur. Il a expliqué que l’AMRTP ne fixe pas directement les prix, sauf cas exceptionnel, mais veille à un marché équilibré et transparent. Il a reconnu les contraintes des opérateurs, comme les coûts élevés et les défis sécuritaires, mais a rappelé que ces réalités ne peuvent justifier des services défaillants ou des pratiques commerciales opaques.
Dans son discours de clôture, Sangaré a salué la qualité des débats et la franchise des échanges. Il a affirmé que le forum a été « un moment de vérité », où les consommateurs ont exprimé leurs attentes et les opérateurs leurs difficultés. Il a annoncé plusieurs mesures : un rapport détaillé des contributions, un cadre de concertation tripartite entre régulateur, opérateurs et associations, et la promotion de la mutualisation des infrastructures pour réduire les coûts et améliorer la couverture.
Le Secrétaire général du ministère de l’Économie numérique, Alkaidi Amar Touré, a aussi pris la parole. Il a affirmé que « le numérique n’est plus une option, il s’impose à nous ». Il a formulé des recommandations claires : renforcer la régulation et le contrôle de la qualité de service, améliorer la transparence des offres, réduire le coût de l’internet, protéger les données personnelles et promouvoir une culture de recours et de médiation pour les consommateurs.
Les panels ont permis d’aborder des sujets concrets. Le premier, consacré à l’accessibilité et à la qualité de service, a mis en lumière les insuffisances liées à la couverture réseau et à la stabilité des services. Les échanges ont débouché sur des propositions d’amélioration, comme l’investissement dans les infrastructures et la mise en place de mécanismes de suivi plus efficaces. Les consommateurs ont pu exprimer leurs préoccupations directement aux opérateurs.
Le second panel, centré sur l’abordabilité des services, a analysé le rapport qualité/prix et l’accessibilité financière. Les associations ont plaidé pour une régulation des tarifs afin de favoriser l’inclusion numérique, surtout pour les populations vulnérables. Les opérateurs ont reconnu leurs contraintes économiques mais ont affiché une volonté d’adaptation. Les discussions ont permis de rapprocher les points de vue et de dégager des pistes pour rendre les services plus accessibles.
Le forum a aussi été l’occasion de présenter une plateforme de gestion des plaintes, conçue pour renforcer la transparence et faciliter la remontée des préoccupations des usagers. Les participants ont salué cette initiative, considérée comme un outil concret pour améliorer la régulation et responsabiliser davantage les opérateurs. Elle marque une avancée dans la relation entre consommateurs et régulateur.
À l’issue des travaux, les résultats ont été jugés positifs. Le forum a permis une meilleure compréhension des enjeux, l’élaboration de recommandations concrètes et le renforcement du dialogue entre les parties prenantes. Les échanges ont montré que les consommateurs veulent des services de qualité, accessibles et abordables, tandis que les opérateurs et les institutions ont affiché leur volonté de travailler ensemble pour atteindre ces objectifs.
En réunissant opérateurs, institutions et usagers, le 1er Forum AMRTP – Associations des Consommateurs 2026 a permis de jeter les bases d’un dialogue constructif et durable. Les recommandations issues des panels et des échanges devraient contribuer à améliorer la qualité, l’accessibilité et l’abordabilité des services, au bénéfice des consommateurs maliens.
Ibrahim Kalifa Djitteye
