Le ministre Kassogué, lors de la 1ère audience de la Chambre criminelle du TGI de la Commune V : « C’est vraiment une avancée historique qui permet de marquer une nette rupture avec la pratique ancienne »
Les travaux d’ouverture de la première audience de la Chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance (TGI) de la Commune V du District de Bamako ont eu lieu, le mardi 5 mai, dans l’enceinte dudit tribunal. Ils s’inscrivent dans le cadre des réformes enclenchées depuis quelques années par l’actuel ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué. D’où la manifestation de sa satisfaction à l’occasion du démarrage des travaux de cette juridiction spéciale.
L’ouverture des travaux a été marquée par la présence de Boubacar Sidiki Diarrah, secrétaire général du ministère, M. Dramane Ouattara, vice-président du tribunal, M. Ousmane Fati, procureur de la République près ledit tribunal…
Via cette audience, le département du ministre Kassogué entend réaffirmer son engagement en faveur d’une application rigoureuse, impartiale et équitable de la loi. Selon le ministre, cette initiative marque ainsi le passage de la réforme des textes à leur mise en œuvre effective. Dans sa prise de parole, le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de la Commune V du District de Bamako a salué l’encrage des innovations juridico-judiciaires. Lesquelles ont débouché sur la tenue de cette audience. « La justice ne se limite pas à l’application stricte des textes, elle est aussi une valeur, un idéal fondé sur l’équilibre, la vérité, l’éducation et la confiance », a souligné le procureur, indiquant que cette audience joue un rôle de test, grandeur nature de la réforme qui renforce la crédibilité de l’Etat dans sa volonté inébranlable de répondre aux aspirations des justiciables. Selon lui, les juridictions criminelles sont désormais opérationnelles. Mettant l’occasion à profit, le magistrat a annoncé que cinq (5) affaires sont inscrites au rôle de la présente audience, avec six accusés. Au nombre des infractions soulignées figurent, entre autres ; le crime de sang et un cas de meurtre ; les infractions contre les mœurs, un cas d’enlèvement de personne et attentat à la pudeur, un cas de pédophilie et attentat à la pudeur ; les infractions contre les personnes et les biens. A cela s’ajoute un cas de vol qualifié, de complicité dommage à la propriété mobilière d’autrui et menace de mort, voire un cas de vol qualifié et complicité.
Satisfécit du ministre Mamoudou Kassogué
Aussi présent, le bâtonnier a estimé que le rôle du Barreau sera plus que jamais celui d’une aiguillon. « Nous serons vigilants sur l’efficacité des droits, de la défense, sur le traitement de la personne humaine. La sérénité des débats ne doit pas altérer la solennité du jugement des affaires criminelles », a déclaré Maitre Souleymane Soumountera, martelant que la chambre criminelle est un lieu où la parole, l’écoute et le temps sont nécessaires pour construire une décision juste et acceptée. De son côté, le vice-président du tribunal, M. Dramane Ouattara a énoncé ceci aux participants, « cette audience saura se montrer digne de la confiance placée en elle. Devant cette chambre criminelle, aucun accusé ne sera jugé pour ce qu’il est, ou pour ce qu’il parait, mais pour ce qu’il a fait ». En qualité de premier responsable du département de tutelle, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme s’est, quant à lui, réjoui du démarrage effectif des travaux. « Je suis comblé de voir que cette réforme majeure du code de procédure pénale soit mise en œuvre un (1) an seulement après l’adoption des textes de loi. C’est vraiment une avancée historique qui permet de marquer une nette rupture avec la pratique ancienne », a énoncé Mamoudou Kassogué.
Mamadou Diarra
