Les autorités maliennes intensifient leur lutte contre les réseaux de fraude dans le secteur des hydrocarbures. Entre transvasements clandestins et ravitaillement des mines illégales, Bamako veut sécuriser l’approvisionnement national en carburant et éviter de nouvelles perturbations sur le marché.
Face aux inquiétudes récurrentes sur l’approvisionnement du pays en produits pétroliers, le gouvernement malien affiche sa fermeté. Jeudi 4 juin dans le JT 20h de l’ORTM, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a annoncé une série de mesures destinées à mettre fin à des pratiques frauduleuses qui fragilisent la chaîne nationale de distribution du carburant.
Au cœur des préoccupations figure le phénomène du transvasement illicite des camions-citernes. Cette pratique consiste à détourner une partie du carburant transporté avant son arrivée dans les stations-service, réduisant ainsi les quantités effectivement destinées au marché national.
« Nous avons pris des mesures catégoriques, notamment la fermeture de certains sites de transvasement », a déclaré le ministre, précisant que plusieurs sites ont déjà cessé leurs activités.
Une menace pour les consommateurs
Selon les autorités, ces détournements ne représentent pas seulement un manque à gagner économique. Ils constituent également une menace directe pour la continuité de l’approvisionnement des stations-service et, par conséquent, pour les ménages, les transporteurs et les entreprises.
Dans un contexte où l’économie nationale dépend fortement du transport routier, toute perturbation de l’approvisionnement peut rapidement entraîner des tensions sur les prix et affecter les activités économiques.
Le gouvernement assure ainsi que la fermeture des sites de transvasement clandestins se poursuivra partout où ils seront identifiés.
Les mines clandestines dans le viseur
Autre source de préoccupation : l’approvisionnement des sites miniers illégaux.
Les autorités estiment qu’une part importante des produits pétroliers est détournée vers ces exploitations clandestines, souvent situées dans des zones difficiles d’accès.
Pour y faire face, les services de sécurité ont été chargés de renforcer le contrôle des mouvements des camions-citernes.
L’objectif est de mieux suivre les flux de carburant et d’empêcher que des quantités importantes échappent au circuit officiel de distribution.
Renforcer la logistique nationale
Cette offensive contre les fraudes intervient alors que le gouvernement cherche à consolider durablement le système d’approvisionnement du pays.
Les autorités misent notamment sur l’arrivée prochaine de nouveaux camions-citernes destinés à renforcer les capacités logistiques nationales.
Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ces nouveaux équipements permettront d’améliorer la distribution des produits pétroliers sur l’ensemble du territoire et de réduire les risques de rupture.
À travers ces mesures, Bamako entend rassurer les consommateurs et garantir un approvisionnement régulier du marché national dans un contexte où la maîtrise des circuits de distribution est devenue un enjeu stratégique pour l’économie du pays.
Kémoko Diabaté
