La mise sous mandat de dépôt du journaliste Chahana Takiou, Directeur de Publication du journal 22 Septembre, suscite une vive réaction au sein de la presse malienne. Dans un communiqué publié lundi 8 juin, la Maison de la Presse et les organisations professionnelles des médias ont exprimé leur incompréhension et leur profonde préoccupation après cette décision prise par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité.
Selon le communiqué, le journaliste est poursuivi pour des faits présumés d’« atteinte au crédit de l’État » à travers l’institution judiciaire. Les organisations de presse précisent que les faits reprochés à leur confrère seraient liés à des interventions effectuées lors du Forum panafricain des médias (FOPAME), tenu à Bamako du 3 au 6 juin 2026.
Pour la Maison de la Presse, cette incarcération constitue un signal préoccupant pour l’exercice du journalisme au Mali. Les organisations professionnelles estiment que cette situation intervient au moment où les acteurs des médias s’efforcent de promouvoir l’image d’un Mali ouvert au débat et attaché aux libertés fondamentales.
Dans leur déclaration, elles condamnent fermement le mandat de dépôt et dénoncent ce qu’elles considèrent comme une atteinte à la liberté d’opinion et à la liberté de la presse. Elles appellent l’ensemble des professionnels des médias à rester mobilisés en vue des actions qui pourraient être engagées dans les prochains jours.
Signé par le président de la Maison de la Presse du Mali, Bandiougou Danté, le communiqué réaffirme l’engagement des organisations de presse à défendre les droits des journalistes et à préserver les acquis en matière de liberté de la presse dans le pays.
Cette affaire intervient quelques jours seulement après la clôture du Forum panafricain des médias, qui avait réuni à Bamako des professionnels venus de plusieurs pays africains autour des enjeux liés à la souveraineté informationnelle, à la liberté de la presse et à l’avenir des médias sur le continent.
Kémoko Diabaté
