Du 14 au 18 juin 2026, Lisbonne accueille le 34ᵉ Congrès triennal de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM). Cette rencontre mondiale intervient dans un contexte préoccupant marqué par une pénurie de près d’un million de sages-femmes à travers le monde, compromettant l’accès de millions de femmes et de nouveau-nés à des soins essentiels.
La capitale portugaise est devenue, durant cinq jours, le point de convergence des acteurs mondiaux de la santé maternelle et néonatale. Sages-femmes, chercheurs, décideurs politiques et partenaires techniques venus des quatre coins du globe prennent part au 34ᵉ Congrès triennal de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), le plus grand rassemblement mondial consacré à cette profession.
Au cœur des discussions figure un constat alarmant : le monde manque actuellement de près d’un million de sages-femmes. Une situation qui fragilise les systèmes de santé et limite l’accès des femmes à des soins de qualité pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale.
Selon les données présentées par l’ICM dans son dossier de presse, le recrutement d’un million de sages-femmes supplémentaires permettrait de prévenir 67 % des décès maternels, 64 % des décès de nouveau-nés et 65 % des mortinaissances. D’ici 2035, jusqu’à 4,3 millions de vies pourraient ainsi être sauvées chaque année.
Pour Anna af Ugglas, Directrice exécutive de l’ICM, cette crise ne relève plus d’une menace future. « Il s’agit d’une réalité à laquelle les systèmes de santé sont déjà confrontés aujourd’hui », a-t-elle déclaré.
Si les pays à revenu faible et intermédiaire sont les plus affectés, l’Europe n’est pas épargnée. Plusieurs pays du continent enregistrent également des difficultés de recrutement et de maintien en poste des sages-femmes.
Les dernières estimations révèlent que 980 000 sages-femmes supplémentaires sont nécessaires dans 181 pays représentant 82 % des femmes en âge de procréer dans le monde. L’Afrique concentre à elle seule 46 % du déficit mondial, avec neuf femmes sur dix touchées par les conséquences de cette insuffisance de personnel qualifié.
Les spécialistes attribuent cette situation à plusieurs facteurs, notamment le sous-investissement dans la profession, les difficultés de rétention du personnel et l’absence de conditions permettant aux sages-femmes d’exercer pleinement leurs compétences.
Placée sous le thème de l’urgence d’augmenter les effectifs mondiaux de sages-femmes, cette édition 2026 se veut également un cadre de plaidoyer en faveur d’investissements plus importants dans la santé maternelle et néonatale.
Parmi les moments forts du Congrès figure la marche mondiale « One Million More Midwives », organisée dans les rues de Lisbonne pour sensibiliser l’opinion publique et les décideurs à l’importance du rôle des sages-femmes dans les systèmes de santé.
Les participants assisteront également au lancement de plusieurs initiatives internationales, dont un nouveau programme de formation des sages-femmes élaboré par l’UNFPA et l’ICM, ainsi qu’au dévoilement du premier référentiel mondial de compétences en leadership destiné à la profession.
Selon les informations contenues dans le dossier de presse de l’ICM, la rencontre s’achèvera par la remise officielle d’une pétition internationale réclamant des investissements urgents en faveur des sages-femmes. Cette pétition, portée par une campagne mondiale de plusieurs mois, sera transmise au Consortium pour l’accélération de la profession de sage-femme, regroupant notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNFPA, l’UNICEF et d’autres partenaires internationaux.
À travers ce congrès, la communauté internationale entend rappeler qu’investir dans les sages-femmes revient à investir dans la vie des femmes, des nouveau-nés et dans l’avenir des systèmes de santé à travers le monde.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
