Réunis à Bamako à l’occasion de la 64ᵉ session extraordinaire du Conseil des ministres de l’OMVS, les États membres ont réaffirmé leur engagement en faveur du projet de navigation sur le fleuve Sénégal. La future liaison fluviale entre Saint-Louis et Ambedidi, dans l’ouest du Mali, est un projet structurant qui pourrait transformer durablement les échanges commerciaux, renforcer l’intégration régionale et offrir au Mali une nouvelle ouverture stratégique vers les marchés extérieurs.
Bamako a accueilli, les 20 et 21 juin 2026, la 64ᵉ session extraordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Présidée par le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, Tiémoko Traoré, également président en exercice du Conseil des ministres de l’Organisation, la rencontre a permis d’évaluer l’état d’avancement des projets stratégiques de l’institution sous régionale.
Si les discussions ont porté sur plusieurs questions relatives à la gouvernance des sociétés du système OMVS, à la maintenance des infrastructures énergétiques et au suivi des programmes communs, le dossier sur le projet de réhabilitation et de développement de la voie navigable entre Saint-Louis, au Sénégal, et Ambedidi a particulièrement retenu l’attention des participants.
Pour les États membres, ce projet représente bien plus qu’un simple aménagement fluvial. Il constitue l’une des initiatives les plus ambitieuses de l’OMVS depuis sa création, avec l’objectif de faire du fleuve Sénégal un véritable corridor économique régional.
Pour le Mali, pays continental sans accès direct à la mer, l’enjeu est considérable. Depuis plusieurs années, les autorités multiplient les efforts pour diversifier les voies d’accès aux marchés régionaux et internationaux. La dépendance quasi exclusive aux corridors routiers et portuaires expose en effet l’économie nationale aux aléas logistiques, à la hausse des coûts de transport et aux perturbations pouvant affecter les échanges commerciaux.
Dans ce contexte, Ambedidi apparaît comme une pièce maîtresse du dispositif envisagé. Située à l’extrémité malienne du futur axe fluvial, la localité est appelée à devenir un point de connexion stratégique entre le réseau de navigation du fleuve Sénégal et les autres infrastructures de transport du pays.
Le projet prévoit le développement d’une voie navigable d’environ 905 kilomètres permettant le transport de volumes importants de marchandises entre le Mali et la façade atlantique. L’ambition est de mettre en place un système multimodal associant navigation fluviale, transport routier, infrastructures ferroviaires et équipements portuaires.
Selon les responsables de l’OMVS, plusieurs actions préparatoires ont déjà été réalisées. Elles comprennent notamment le dragage de certaines portions du fleuve, l’élimination d’obstacles à la navigation, l’installation d’équipements de sécurisation du trafic fluvial ainsi que la conduite d’études stratégiques destinées à orienter le développement du projet à l’horizon 2035.
À l’issue des travaux, les ministres ont adopté plusieurs résolutions visant à renforcer la gouvernance des structures de l’Organisation et à accélérer la mise en œuvre des projets prioritaires. Un signal fort en faveur d’une vision commune où la navigation sur le fleuve Sénégal pourrait devenir l’un des principaux moteurs du développement économique et de la souveraineté logistique de la sous-région.
Issa Djiguiba
