Le mardi 17 juin 2026 s’est tenu à News York, la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies. Au cours de ce conseil, la question de la participation des femmes dans la prévention et la résolution des conflits a occupé le devant de la scène. Cela s’est manifesté par des échanges sur l’agenda Femmes, paix et sécurité, avec une intervention de taille de Sima Bahous, directrice exécutive de l’ONU Femmes.
Face aux représentants des États membres, la responsable onusienne a dressé un constat alarmant : malgré des décennies d’engagement international en faveur de l’inclusion des femmes dans les processus de paix, leur présence reste encore marginale dans les espaces de décision où se jouent pourtant les grands équilibres mondiaux.
« Les femmes sont la plus grande et la plus fiable force de paix », a-t-elle déclaré, insistant sur le fait que leur exclusion systématique des négociations constitue un frein majeur à la stabilité durable. Pour elle l’humanité pourrait regretter un jour d’avoir écarté les femmes des processus de négociation de la paix.
Son intervention s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 1325, adoptée en 2000 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui reconnaît officiellement le rôle essentiel des femmes dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et la reconstruction post-crise. Vingt-six ans après son adoption, les résultats restent jugés insuffisants.
Selon les chiffres présentés au cours de cette session, les femmes ne représentaient que 7 % des négociateurs de paix dans le monde en 2024. Plus préoccupant encore, près de 90 % des processus de paix recensés cette même année se sont déroulés sans aucune présence féminine à la table des discussions.
Pour Sima Bahous, cette situation ne relève pas seulement d’un déficit de représentation, mais d’une perte stratégique pour la paix mondiale.
« La paix a plus de chances d’être atteinte plus rapidement, et de durer plus longtemps, lorsque les femmes sont présentes à la table des négociations », a déclaré la directrice exécutive de l’ONU Femmes, ajoutant que l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes comptent parmi les outils les plus puissants pour bâtir un avenir plus sûr pour toutes et tous.
En effet, plusieurs études démontrent que les accords de paix intégrant une participation significative des femmes ont davantage de chances de durer dans le temps et d’aboutir à une réconciliation plus inclusive.
Dans un contexte international marqué par l’intensification des conflits armés, notamment au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe de l’Est, la patronne de l’ONU Femmes a rappelé que les femmes sont souvent les premières victimes des violences liées à la guerre, mais aussi les premières à porter les efforts communautaires de résilience.
Elle a notamment évoqué la montée des violences sexuelles utilisées comme armes de guerre, les déplacements forcés, la précarité économique croissante et l’effondrement des systèmes sociaux qui affectent particulièrement les femmes et les filles dans les zones de crise.
Au-delà du constat, son plaidoyer s’est voulu concret. Elle a exhorté les gouvernements à garantir un accès réel des femmes aux mécanismes de médiation, à renforcer leur sécurité sur le terrain et à accroître les financements destinés aux organisations féminines locales, souvent en première ligne dans les processus de dialogue.
Le thème de cette session, « La paix se décide avec les femmes », était comme un rappel à la communauté internationale pour dire qu’aucune paix durable ne peut être construite dans l’exclusion de la moitié de l’humanité.
Notons qu’alors que les crises se multiplient et que les fragilités géopolitiques s’accentuent, ce nouvel appel de l’ONU remet au centre du débat une réalité de plus en plus admise : intégrer les femmes dans les processus de décision n’est plus une option politique, mais une nécessité stratégique pour la paix mondiale.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
