Ce lundi 6 juillet 2026, le Tribunal militaire de Bamako a donné le coup d’envoi de la toute première session ordinaire de sa Chambre criminelle. Marquée par la présence de hautes autorités politiques et judiciaires, cette ouverture s’inscrit dans la dynamique de modernisation de la justice pénale et de renforcement des droits fondamentaux au sein des forces armées.
L’événement a réuni des figures clés de l’État, notamment le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des sceaux, Mamoudou Kassogué, et le Général Oumar Diarra, Ministre délégué auprès du Ministre de la Défense et des Anciens Combattants.
Animé conjointement par des magistrats civils et militaires, le Tribunal militaire est compétent pour juger les membres des forces armées, les infractions de nature spécifiquement militaire ainsi que leurs complices civils. Portée par les réformes récentes du Code pénal et du Code de procédure pénale, l’introduction de cette Chambre criminelle poursuit un triple objectif. Primo : moderniser l’appareil judiciaire malien. Secondo : renforcer la discipline et la rigueur au sein des troupes. Tertio : consolider le lien de confiance entre la population et son armée.
Pour cette session inaugurale, la Chambre se penche sur trois affaires complexes impliquant sept militaires et deux civils. Les accusés devront répondre de chefs d’inculpation particulièrement graves : tentative d’attentat à la sûreté de l’État, complot, assassinat, vol qualifié.
Devant la gravité de ces accusations, les autorités judiciaires, appuyées par le Bâtonnier de l’Ordre des avocats, ont tenu à rappeler les lignes rouges du droit.
En ouvrant ce chapitre judiciaire crucial, le Mali réaffirme sa volonté d’allier rigueur militaire et respect de l’État de droit. L’issue de ces procès sera le premier véritable test pour cette juridiction modernisée, dont le défi majeur reste de prouver qu’une justice d’exception peut rimer avec transparence et équité absolue.
Bagna MAÏGA/KD
