Après cinq années consacrées à la restauration de l’État et à la consolidation de la souveraineté, le Gouvernement entend désormais mettre l’accent sur l’accélération du développement économique et social. C’est l’une des principales orientations ressorties de la cérémonie de clôture des rencontres d’échanges avec les populations sur le bilan de la Transition.
Les échanges organisés à travers le pays ont permis aux membres du Gouvernement de présenter les réalisations enregistrées depuis 2021, mais également de recueillir les attentes des populations. Si celles-ci reconnaissent des avancées, notamment en matière de souveraineté, de sécurité et de restauration de l’autorité de l’État, elles expriment de nouvelles exigences.
La demande porte principalement sur davantage de sécurité, une amélioration du pouvoir d’achat, un meilleur accès à l’électricité et à l’eau potable, ainsi que sur les services sociaux de base. Les jeunes réclament également davantage d’opportunités d’emploi et un accompagnement accru de l’entrepreneuriat national.
Face à ces attentes, le Gouvernement annonce une nouvelle étape de son action. Celle-ci devrait notamment se traduire par l’intensification des investissements dans le secteur énergétique afin de réduire les difficultés d’approvisionnement.
L’industrialisation et la transformation locale des matières premières constituent également des priorités annoncées. L’objectif affiché est de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national, notamment à partir des ressources naturelles du pays.
Les grands chantiers d’infrastructures devraient se poursuivre, tandis que les investissements dans l’éducation, la formation professionnelle, la santé et l’innovation seront renforcés. Le Gouvernement entend également faire de l’emploi des jeunes, de l’entrepreneuriat national et de l’autonomisation économique des femmes des moteurs de la croissance.
La modernisation de l’administration à travers la digitalisation des services publics figure aussi parmi les axes retenus pour rapprocher davantage l’État des citoyens.
Cette nouvelle orientation s’inscrit dans le cadre de la Vision Mali Kura 2063 et de la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable (SNEDD) 2024-2033, présentées comme des cadres destinés à donner une cohérence aux politiques publiques.
Le Gouvernement reconnaît toutefois que les difficultés restent importantes. Les tensions sur l’approvisionnement en carburant et le secteur de l’énergie continuent notamment de peser sur les ménages et les entreprises. Des mesures d’urgence ont été prises pour sécuriser les approvisionnements, parallèlement à des investissements dans les centrales solaires et les infrastructures énergétiques.
À l’issue de cet exercice de bilan, le message gouvernemental se veut donc tourné vers une nouvelle phase : après la restauration de l’État et la consolidation de la souveraineté, place à l’accélération du développement, à la transformation économique et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Kémoko Diabaté
