L’hôtel Millenium a servi de cadre, ce samedi 1er août 2026, au lancement officiel du projet « Kouma Ni Kewalé Kalanso », une initiative ambitieuse qui entend former une nouvelle génération de leaders maliens capables de faire de la parole un véritable levier de transformation sociale.
La cérémonie d’ouverture a débuté dans une ambiance solennelle avec l’exécution de l’hymne national au son de la kora, donnant le ton d’un événement placé sous le signe du patriotisme, du leadership et de l’engagement citoyen. Parrain de l’événement, Dr Seydou Oumar Cissé a salué la pertinence de cette initiative, tout en invitant la jeunesse malienne à croire en son potentiel et à s’investir pleinement dans le développement du pays. Les représentants du ministre de la Jeunesse et de celui de l’Entrepreneuriat et de la Formation professionnelle ont, eux aussi, exprimé leur soutien au projet, qu’ils considèrent comme une réponse concrète aux défis liés au leadership des jeunes. Prenant la parole, le coordinateur du projet, Salifou Cissé, a livré un discours inspirant, appelant à dépasser le stade des discours pour entrer dans celui de l’action.
« Aujourd’hui, nous n’inaugurons pas seulement un projet. Nous allumons une flamme : celle de la responsabilité. Assez parler, agissons », a-t-il déclaré devant une assistance attentive. Selon lui, « Kouma Ni Kewalé Kalanso » n’est pas une école au sens classique du terme, mais une école de missions, où l’on apprend à devenir un acteur du changement. « On y apprend à prendre la parole pour prendre sa place, à parler pour agir, car une parole sans action n’est qu’un bruit, et une action sans parole demeure invisible », a-t-il affirmé.
Une vision pour bâtir les leaders de demain
Le projet ambitionne de devenir l’école de référence en Afrique francophone en matière de leadership inclusif, de citoyenneté active et d’art oratoire à fort impact social. Son objectif général est de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes leaders, femmes et hommes, capables d’inspirer le changement, de mobiliser leurs communautés et de participer activement au développement socio-économique du Mali. Pour atteindre cette ambition, plusieurs axes d’intervention ont été définis, notamment : le développement des compétences managériales et du leadership des jeunes professionnels et acteurs associatifs ; la promotion de la citoyenneté active, de la responsabilité individuelle et de la culture de la paix ; le renforcement des capacités en communication publique, en art oratoire et en plaidoyer ; la promotion du leadership féminin à travers une approche inclusive et sensible au genre ; la création d’espaces permanents de dialogue intergénérationnel et de mentorat ; la mise en œuvre d’actions citoyennes concrètes au profit des communautés.
« Kouma Fanga » : la puissance de la parole au cœur des échanges
Placée sous le thème « Kouma Fanga » (La puissance de la parole), la conférence inaugurale a permis de rappeler que la parole constitue bien plus qu’un simple moyen de communication. Elle est un outil capable de convaincre, de rassembler, de transformer les mentalités et d’ouvrir la voie au changement. « Chacun possède une voix, et cette voix, lorsqu’elle est portée avec sincérité et conviction, peut changer le monde », a souligné Salifou Cissé, invitant les participants à faire de leur parole un instrument d’engagement citoyen. La cérémonie a été enrichie par les prestations du griot Mohamet Camara, des orateurs Klekanie Hamba Bayako et Adama Niobine Diourte, ainsi que de la slameuse Bintou Coulibaly, dont les interventions ont toutes porté sur la force transformatrice de la parole. Les mélodies de la kora interprétées par Ousmane Ouattara ont apporté une touche artistique à cette rencontre. Le panel consacré à « Kouma Fanga » est venu clôturer cette journée marquant le lancement d’un mouvement citoyen qui entend faire émerger une élite responsable, engagée et capable de transformer les mots en actions concrètes. À travers « Kouma Ni Kewalé Kalanso », les initiateurs portent une conviction forte : la jeunesse malienne détient la parole, et cette parole peut devenir une école, un projet, un moteur de paix et un puissant levier de développement pour le Mali.
Agoumour
