Un comprimé. Une seule prise. Et le paludisme est vaincu. Cette promesse, qui peut sembler simple, est en réalité l’une des avancées les plus attendues en santé publique mondiale. C’est l’ambition centrale du programme WANECAM3 lancé ce 1er septembre 2026 par un consortium de onze institutions africaines et européennes, avec le Mali comme acteur scientifique de premier plan.
Pourquoi un traitement à dose unique changerait-il autant la donne ? Parce que l’un des talons d’Achille de la lutte antipaludique actuelle est précisément l’observance thérapeutique. Les traitements recommandés nécessitent plusieurs prises sur plusieurs jours. Pour une mère dans un village isolé du Sahel, pour un enfant dont les parents travaillent aux champs, pour un patient qui se sent mieux après deux jours et arrête son traitement, cette contrainte est un obstacle réel. Le résultat : des parasites insuffisamment traités, qui survivent, qui se reproduisent, et qui développent peu à peu des résistances aux médicaments.
La résistance aux antipaludiques est aujourd’hui la menace la plus sérieuse pour les progrès accomplis ces vingt dernières années dans la lutte contre la maladie. L’Organisation mondiale de la Santé en a fait une priorité stratégique absolue. WANECAM3 s’inscrit directement dans cette réponse en évaluant des molécules sans dérivés d’artémisinine, actuellement au cœur de l’arsenal thérapeutique mondial.
Les bénéfices potentiels d’un traitement à dose unique sont multiples : administration plus simple, meilleure observance, réduction du risque de résistance et diminution potentielle de la transmission des parasites. Si les essais cliniques de phase 2 et de phase 3 sont concluants, WANECAM3 pourrait mettre entre les mains des systèmes de santé africains un outil thérapeutique d’une efficacité sans précédent.
Kémoko Diabaté
