Quand on parle de recherche médicale de pointe contre le paludisme, le Mali n’est pas spectateur. Il est acteur. Le lancement ce 1er septembre 2026 du programme WANECAM3 confirme la place de Bamako comme pôle scientifique africain dans l’un des combats de santé publique les plus importants du continent.
L’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako figure parmi les onze partenaires fondateurs du consortium. Surtout, le responsable scientifique du programme est malien : le Professeur Abdoulaye Djimdé, de l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé, qui dirige la dimension scientifique de ce programme de recherche international cofinancé par l’Union européenne, Novartis et Medicines for Malaria Venture.
Ce n’est pas un hasard. Depuis la création du réseau WANECAM en 2010, le Mali a bâti une expertise reconnue dans la conduite d’essais cliniques antipaludiques à grande échelle. Près de deux décennies de recherche clinique rigoureuse ont forgé des compétences et des infrastructures qui font aujourd’hui du pays un partenaire incontournable pour les institutions pharmaceutiques et les organismes de recherche internationaux.
WANECAM3 ne se contente pas d’utiliser ces capacités. Il les renforce. Le programme prévoit explicitement le développement du leadership africain dans la recherche clinique et la surveillance de la résistance aux médicaments. En investissant dans la science africaine, il construit les conditions d’une souveraineté sanitaire durable, fondée non pas sur l’aide extérieure mais sur l’excellence scientifique locale.
Pour un pays qui consacre chaque année des ressources considérables à la lutte contre une maladie qui frappe majoritairement les enfants et les femmes enceintes, cette participation au programme WANECAM3 est bien plus qu’une collaboration académique. C’est un investissement dans l’avenir sanitaire du Mali et du continent.
Kémoko Diabaté
