Faire du travail décent un levier de transformation de l’économie malienne et d’amélioration des conditions de vie des travailleurs. C’est l’ambition affichée à travers le Programme par Pays pour la Promotion du Travail Décent (PPTD-Mali) 2026-2030, dont l’atelier de partage de la mouture finale s’est ouvert ce mercredi 9 septembre 2026 à Bamako, sous la présidence du ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Dr Fassoun Coulibaly. Avec ce nouveau cadre, l’État, avec l’accompagnement du Bureau international du Travail (BIT), entend mieux répondre aux défis de l’emploi, de la protection sociale et de la transition vers une économie formelle.
Donner une nouvelle impulsion à sa politique du travail, c’est le message porté par le Dr Fassoun Coulibaly lors de l’ouverture de l’atelier consacré au partage du PPTD-Mali 2026-2030. La rencontre réunit l’ensemble des acteurs autour de la mouture finale du programme, approuvée par le Bureau international du Travail.
Pour le ministre, ce rendez-vous constitue « le fruit d’un processus rigoureux, transparent et inclusif ». Une approche qui traduit la volonté des pouvoirs publics d’associer l’administration, les organisations d’employeurs et les travailleurs à la définition des priorités devant encadrer la promotion du travail décent au Mali durant les quatre prochaines années.
Le nouveau programme s’inscrit dans la continuité du premier PPTD, qui couvrait la période 2016-2018. Celui-ci avait notamment trois priorités : renforcer l’employabilité des jeunes, des filles et des femmes, améliorer la protection sociale pour tous et promouvoir le dialogue social. Son évaluation finale, réalisée en 2021, a permis de dégager des enseignements, d’identifier les bonnes pratiques et de formuler des recommandations pour mieux adapter les politiques du travail aux réalités nationales.
« Parmi celles-ci figurait la nécessité d’élaborer un nouveau programme mieux adapté aux réalités socio-économiques actuelles et aux aspirations de nos concitoyens », a expliqué le ministre. C’est à la suite de ce constat qu’une requête a été adressée au BIT afin d’accompagner le Mali dans l’élaboration d’un nouveau programme. Un comité de pilotage tripartite a ensuite été mis en place pour conduire le processus.
Cette nouvelle étape arrive dans un contexte où le Gouvernement entend renforcer l’articulation entre emploi, développement des compétences et protection des travailleurs. Lors de la Conférence internationale du Travail de 2026, Fassoun Coulibaly avait déjà présenté plusieurs réformes engagées par les plus hautes autorités de la transition du Mali, comme la finalisation d’une nouvelle Politique nationale de l’emploi, l’élaboration d’une nouvelle Politique nationale de formation professionnelle et la mise en œuvre d’un programme à impact rapide destiné à réduire le chômage et à relancer l’emploi.
La question de la formalisation occupe également une place importante dans cette dynamique. Le Gouvernement a annoncé une étude nationale consacrée à la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle. Un chantier particulièrement stratégique dans un pays où une grande partie de l’activité économique échappe encore aux mécanismes classiques de protection sociale et de réglementation du travail.
Issa Djiguiba
