Dans le cadre du renforcement des capacités des professionnels des médias sur le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU), ses mécanismes et les défis liés à sa mise en œuvre, un atelier s’est tenu le mercredi 9 septembre 2026 au Musée national de Bamako. Organisée par la Mutuelle Générale de Solidarité de la Presse (MUGESPRESSE), en partenariat avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CANAM), la rencontre avait réuni plusieurs professionnels des médias autour des enjeux de la protection sociale au Mali.
Cet atelier organisé pour renforcer les capacités des professionnels des médias avait pour objectif d’outiller les journalistes afin qu’ils puissent mieux communiquer sur le RAMU et son importance.
À l’entame de ses propos, le président de la Maison de la Presse, M. Bandiougou Danté, a souligné la nécessité d’une meilleure compréhension du RAMU par les journalistes. Selon lui, cette réforme touche directement à la santé, à la dignité et à la protection des populations contre les conséquences financières de la maladie.
Il a rappelé que les médias ont un rôle essentiel à jouer dans l’information des citoyens. Ils devront notamment expliquer les mécanismes du RAMU dans un langage simple, combattre les fausses informations et répondre aux interrogations des populations. Pour lui, « pour bien expliquer, il faut bien comprendre ». Il a ainsi insisté sur la nécessité de renforcer les connaissances des journalistes afin qu’ils puissent traiter les questions de protection sociale avec davantage de rigueur et de pédagogie.
Le président de la MUGESPRESSE, M. Ali Diarra, a pour sa part placé l’atelier sous le signe de la solidarité. Il a estimé que le déploiement opérationnel du RAMU avait connu de nombreux défis techniques et réglementaires avant d’amorcer une nouvelle dynamique. Il a notamment évoqué la convention récemment signée entre les acteurs concernés, considérée comme une étape importante dans le processus.
S’adressant aux journalistes, M. Ali Diarra a estimé que leur responsabilité dépassait la simple diffusion de communiqués. Ils devaient expliquer les droits et devoirs des citoyens, aller à la rencontre des populations, recueillir leurs préoccupations et contribuer à lutter contre les rumeurs. Il a plaidé pour davantage de reportages, d’émissions, de débats et d’interviews consacrés au RAMU afin d’en faire un véritable sujet de société.
Il a également souhaité que le partenariat entre la MUGESPRESSE et la CANAM soit durable et débouche sur des actions régulières de formation, d’information et de sensibilisation des professionnels des médias.
Quant au directeur général de la CANAM, le général Boubacar Dembélé, il a rappelé que la maladie pouvait toucher toutes les catégories sociales et fragiliser considérablement les revenus des ménages. Il a présenté l’assurance maladie comme un instrument de solidarité nationale, de justice sociale et de dignité humaine.
Selon lui, malgré les acquis de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), la couverture restait insuffisante au regard de l’ambition de protéger l’ensemble de la population. Le passage vers le RAMU devait ainsi permettre d’élargir la protection maladie, notamment aux travailleurs non-salariés et aux acteurs du secteur informel tels que les paysans, artisans, commerçants et éleveurs.
Le directeur général de la CANAM a toutefois insisté sur le fait qu’une telle réforme ne pouvait réussir uniquement à travers les textes et les dispositifs institutionnels. Elle devait être comprise et appropriée par les populations. Il a donc appelé les médias à jouer pleinement leur rôle de relais entre les institutions et les citoyens.
Notons que les travaux de l’atelier ont ainsi porté sur les objectifs et enjeux du RAMU, les mécanismes de sa mise en œuvre ainsi que le rôle des organismes gestionnaires délégués. Les participants ont également été invités à formuler des propositions concrètes pour renforcer la collaboration entre la CANAM, la MUGESPRESSE et les médias maliens.
Tioumbè Adeline Tolofoudié
