Le Niger a officiellement enclenché la procédure de retrait de la Cour pénale internationale (CPI), marquant une nouvelle étape dans la redéfinition de ses relations avec les institutions internationales depuis l’arrivée au pouvoir du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) en juillet 2023.
Selon des informations relayées par plusieurs médias internationaux, les autorités nigériennes ont adressé une notification officielle aux Nations unies, conformément aux dispositions du Statut de Rome, texte fondateur de la CPI.
Dans sa correspondance, Niamey reproche à la Cour basée à La Haye d’avoir abandonné sa mission initiale au profit d’une justice jugée « sélective » et influencée par des considérations politiques.
Une décision cohérente avec la ligne de l’AES
Cette annonce s’inscrit dans la dynamique engagée par les trois États membres de la Confédération des États du Sahel (AES). En 2025, le Niger, le Mali et le Burkina Faso avaient déjà fait connaître leur intention de quitter la CPI, dénonçant une institution qu’ils estiment peu adaptée aux réalités sécuritaires et politiques africaines.
Pour les autorités sahéliennes, la lutte contre le terrorisme et la défense de la souveraineté nationale doivent être conduites sans ingérence extérieure.
La CPI regrette la décision
Dans une réaction officielle, la Cour pénale internationale a exprimé sa déception, rappelant que sa mission consiste à poursuivre les auteurs de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocides et crimes d’agression lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas agir.
La CPI souligne que le retrait d’un État ne met pas fin aux procédures déjà engagées et que les crimes commis avant la date effective de sortie restent sous sa compétence.
Un retrait effectif dans un an
Conformément aux règles de la CPI, le retrait du Niger ne prendra effet qu’un an après la réception officielle de la notification par les Nations unies.
Avec cette décision, Niamey devient le troisième État au monde à quitter effectivement la Cour pénale internationale, après le Burundi et les Philippines, illustrant les débats croissants autour du rôle et de la légitimité de cette juridiction internationale dans plusieurs régions du monde.
Kémoko Diabaté
