Appelé à faire valoir son expérience dans la conduite de la diplomatie malienne, le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Abdoulaye Diop aura été, sans doute, l’un des membres du Gouvernement les plus actifs de la transition.
Engagé dans la diversification du partenariat du Mali, le ministre Diop tente, par la même occasion, de ramener la Communauté Internationale à comprendre la complexité de la crise du Mali, pour éviter la dramatisation de la situation que travers le pays. L’un des points sur lesquels le chef de la diplomatie malienne continue d’insister réside dans le respect de la souveraineté du Mali, dans la gestion de ses affaires internes. Notons tout d’abord que le ministre Abdoulaye Diop a été nommé à un moment où les relations entre le Mali et plusieurs de ses partenaires venaient de subir un grand coup, à travers la chute du Président Bah N’Daw. La Communauté Internationale, à commencer par la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui montait déjà la pression sur les autorités de la transition pour l’organisation des élections, est devenue de plus en plus colérique depuis ce coup d’Etat dans un coup d’Etat. L’on a ainsi assisté à des sanctions ciblées contre les autorités de la transition. En bon diplomate, le ministre Diop tente d’expliquer à tous les partenaires du Mali que cela n’est pas la meilleure solution. Qu’il s’agisse du Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO, en passant par le Conseil de Sécurité de l’ONU ou l’Union Européenne, Abdoulaye Diop a multiplié ses voyages sur tous les continents pour défendre la cause du Mali. Dans ses multiples échanges avec les Chefs d’Etat Africains et ses homologues européens, il a toujours expliqué que le Mali traverse des moments très difficiles de son histoire en raison du terrorisme et qu’il a besoin de l’accompagnement de tous ses partenaires, celui de la CEDEAO en particulier. Pour mener à bout cette mission, le ministre Diop a rencontré tous les diplomates accrédités auprès de la République du Mali, afin de leur expliquer que la situation du Mali mérite compréhension et accompagnement, et non des sanctions qui risqueront d’envenimer une situation déjà fragile. Ces diplomates qui sont des témoins de la situation de crise multiforme que connaît le Mali depuis quelques années ont été tous invités à plaider auprès de leur Gouvernement respectif, afin que le Mali puisse bénéficier de l’accompagnement nécessaire dont il a besoin en cette période cruciale de son histoire. Dans la même dynamique, le ministre Diop a instruit à tous les Ambassadeurs du Mali à travers le monde à expliquer la situation du pays aux dirigeants des pays dans lesquels ils sont en mission. De la conviction du ministre Abdoulaye Diop, les partenaires du Mali doivent savoir qu’il y a des véritables défis que le pays doit relever et qui ne peuvent se faire à la hâte. L’urgence, selon lui, n’était pas d’aller aux élections sans trouver, au préalable, des solutions à certains maux qui minent la société malienne. Cette diplomatie a été payante du moment que plusieurs partenaires importants du Mali continuent de réaffirmer leur soutien au Mali. « Nous avons expliqué à tous nos partenaires que nous ne refusons pas d’aller aux élections, mais simplement qu’on puisse nous comprendre. Le Président de la transition m’a chargé de rencontrer ses homologues pour solliciter leur accompagnement afin que nous puissions régler certaines situations avant d’aller aux élections », disait le ministre Diop. Le chef de la diplomatie malienne a également informé les partenaires du renouveau dans la coopération entre son pays et les autres Etats du Monde. Selon lui, le Mali étant un pays souverain doit disposer de tout son droit de choisir avec qui nouer des relations. Sur ce point, le ministre Diop a expliqué à maintes reprises que cette volonté du Mali doit être respectée au même titre que le Mali respecte les décisions souveraines prises par les autres États. L’on a déjà assisté au renvoi du chef de la mission de la CEDEAO, Pr Hamidou Bolly qui avait outrepassé ses missions ainsi que le rappel à l’ordre d’un ministre des Affaires Etrangères d’un Etat voisin du Mali. En date du 31 janvier, les autorités de la transition n’ont pas hésité à demander à l’ambassadeur de France au Mali, Joël Meyer, de quitter le territoire dans un délai de 72heures.Cette mesure fait suite à des « propos hostiles et outrageux » tenus par le ministre Jean Yves Le Dain à l’égard des autorités de Bamako .C’est dire que le Mali tient à se faire respecter et ne demande à être jugé que sur des faits concrets. Abdoulaye Diop a l’habitude d’inviter les partenaires du Mali à ne pas le juger sur des rumeurs, en ce qui concerne la présence du Groupe Wagner que des États européens soupçonnent d’être au Mali. Aujourd’hui, l’on serait tenté de souligner que plusieurs partenaires du Mali ont changé leur position vis-à-vis du Mali. Pour une des rares fois, le Mali qui est conscient que son fonctionnement dépend, en grande partie, de l’aide extérieure a osé hausser le ton pour se faire respecter. Cette attitude est à l’actif du ministre Diop qui, dans le respect, a démontré aux partenaires que la seule chose qui intéresse le Mali est de trouver des solutions à ses problèmes et que dans cette optique, l’on ne doit pas l’embarquer dans des conflits entre d’autres Etats qui ne sont pas forcément des ennemis du Mali.
A. T
