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Annulation du permis minier de Ménankoto : Des soupçons de corruption pèsent sur l’ex PM Moctar Ouane

L’ex Premier ministre, Moctar Ouane, vient de prendre une décision qui fait peser sur lui de forts soupçons de corruption. Il va jusqu’à ignorer la décision de la Cour suprême du Mali en annulant un décret d’attribution d’un permis minier, alors que la plus haute juridiction du pays en avait ordonné le contraire. Les faits sont au-delà de tout commentaire.

Le 24 mars dernier, le ministère malien des Mines, de l’Énergie et de l’Eau attribue à la société Little Big Mining Sarl (LB-Mining), une junior malienne, un permis de recherche d’or et de substances minérales de groupe 2, c’est-à-dire comprenant tous les métaux précieux dont l’argent, dans la localité de Ménankoto, dans le cercle de Keniéba, dans la région de Kayes. Les enjeux sont énormes, puisque la zone partage le même socle géologique que Sabodala au Sénégal d’où ont été extraites quelque 18 tonnes d’or pour la seule année 2019.

C’est donc ce décret qui a purement et simplement été annulé dans la précipitation, le vendredi 21 mai 2021 par un arrêté signé de la main même du Premier ministre, Moctar Ouane, reconduit à son poste par le président de la transition, Bah N’Daw.

Dès que le permis a été attribué à LB-Mining, il y a eu une levée de boucliers de la société canadienne B2Gold qui s’empresse de saisir, dès le 7 avril 2021, par la société Ménankoto Sarl interposée, la Cour suprême malienne, pour une décision en référé.

Pressions sur le ministre des Mines sortant

De même dans un courrier confidentiel adressé à la Primature par le ministère des Mines , les trois choses essentielles qui ont motivé la décision de la Cour suprême, ont été rappelées. D’abord, il est noté que  «la société B2Gold, entité juridiquement différente de Ménankoto SA, n’a jamais postulé pour le permis de Ménankoto». Ensuite, «la société Ménankoto SA, jugée défaillante après sept (07) ans en tant que détentrice du permis de recherche, est encore le même postulant pour le même permis pour une durée de 3 ans renouvelable deux fois». Enfin, «l’article 32 de l’ordonnance 2019-022 du 27 septembre 2019 consacre le principe du premier venu, premier servi».

Par conséquent, «il a été constaté que la procédure d’attribution du permis de Recherches de Ménankoto a été conforme aux dispositions pertinentes relatives aux procédures d’attribution des titres miniers de l’ordonnance 2019-022 du 27 septembre 2019, portant code minier en République du Mali».

Le PM  Moctar Ouane, l’ennemi du Mali

Décidemment, l’affaire du site d’exploration minière de Ménankoto continue de faire couler encre et salive. Cette affaire qui oppose l’État du Mali à travers le ministère en charge des mines et une société canadienne connaît des nouveaux rebondissements.

Bien que la question ait été tranchée par la section administrative de la Cour Suprême, la société B2Gold, sous la couverture de Ménankoto SA, n’en démord pas. Ayant perdu sur le plan judiciaire, les canadiens avec des complicités maliennes ont décidé de revenir à la charge par un canal politique. Contre toute attente, c’est à partir de la Présidence de la République et la Primature que des pressions sont exercées pour annuler une décision administrative et judiciaire afin de satisfaire des intérêts étrangers au détriment des lois et règlements du pays, et surtout contre les intérêts des maliens.

En effet, un permis d’exploration avait été délivré à la société Ménankoto SA depuis des années. Après l’expiration du permis, la société à travers un montage grotesque s’est alliée avec B2Gold en vue de s’offrir une énième prorogation au mépris des textes en vigueur. Le problème est qu’un permis a déjà été octroyé à une autre société Little Big mining qui elle est 100% malienne dans le strict respect des procédures légales. Dernier rebondissement, la Société B2Gold qui n’a légalement aucune implication dans les dossiers du permis de Ménankoto SA, avec l’appui de l’Ambassade du Canada, s’est arrangé pour faire annuler l’arrêté d’attribution du permis de Little Big Mining au mépris total de toute régularité administrative. Pire, le Ministre dans son décret daté du 21 mai 2021 argue une urgence que l’arrêt de la Cour Suprême ne reconnaît pas dans sa décision. On se demanderait pourquoi le Premier Ministre agit de la sorte au détriment d’une société malienne alors que les autorités canadiennes mettent tout en œuvre pour défendre les intérêts d’une société canadienne même au mépris des textes en vigueur.

Nos autorités ont-elles pour mission cachée de ne défendre que les intérêts occidentaux ? Pourquoi l’exécutif (Présidence et Primature) se mêle-t-il d’une question qui a déjà été tranchée par les entités judiciaires du pays ?

Ce scandale en cours portera un coup dur sur les espoirs portés par les maliens sur cette transition et les autorités civiles qui s’adonnent à des pratiques d’un temps qu’on croyait révolu.

En revanche, comment  la compagnie minière B2Gold qui opère à Fékola, s’est retrouvée dans une affaire de Vol et de trafic d’armes de guerre ? Un scandale auquel, nous donnerons des réponses dans nos prochaines éditions.

Cyrille Coulibaly

Source : nouveau réveil

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