Assitan Coulibaly, car c’est d’elle qu’il s’agit est âgée seulement de 24 ans et mère d’une enfant de 7 ans. La jeune dame a choisi d’être bijoutière pour gagner sa vie depuis 2016. Ce travail lui a permis de rafler le trophée de la ‘’Femme Battante’’ en 2017. Ainsi, elle exerce ce métier, qui l’a rendu autonome financièrement, à la Maison des artisans à Bagadadji et s’est faite une place respectable au sein de ce milieu entièrement dominé par la gente masculine. Nous lui avons rapproché à la faveur d’un entretien dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la femme (8 mars), elle nous dévoile son parcours.
« Il n’y a pas de métier typiquement homme et celui des femmes » telle est la philosophie d’Assitan. Une ligne de conduite qui a été déterminante pour forger son amour pour la forge.
En effet, depuis sa tendre enfance, étant élève, la jeune fille venait à l’artisanat pour assister les bijoutiers et leur aider à vendre leurs bijoux dans les différents services, à ses heures perdues des classes. C’est donc avec cette liaison qu’elle a eu l’amour de ce métier en commençant par l’apprentissage et maintenant en tant que bijoutière confirmée, depuis 2019.
En plus, travaillant à son propre compte depuis des années, Assitan Coulibaly transmet son savoir qu’elle a eu avec son aîné et maître, Boubacar Samaké, à ses jeunes frères, qui sont eux aussi des élèves, en les formant à la bijouterie.
Parlant des difficultés, l’orfèvre n’a pas caché les misères qu’on lui a fait vivre, car étant la seule femme parmi les hommes. Elle était donc indexée par des préjugées et mauvais clichés, qui constituaient un lourd fardeau pour elle.
« J’ai eu tellement de difficultés ! D’autant plus que quand une femme vient travailler parmi les hommes, c’est déjà un problème. La seule solution est d’être tolérante. Avant que je m’y fais, j’ai été traumatisée par certaines accusations qui ne me donnaient plus le goût de venir travailler. Néanmoins, ça va aujourd’hui. Aussi, j’ai des soucis de santé parce que ce travail est lié à des efforts physiques. C’est à cause de cela que j’ai mal au thorax souvent. Je suis tenue par l’amour de ce métier » a-t-elle précisé.
D’ailleurs comme projet, Assitan Coulibaly aimerait ouvrir une école professionnelle de la bijouterie qui apprendra mieux les jeunes à bénéficier de ce travail qu’est la joaillerie. Elle ambitionne de créer aussi à son compte un atelier de bijouterie, digne de ce nom.
A l’occasion de cette fête, dite celle des femmes, elle a lancé un vibrant appel aux femmes de travailler avec sérénité, car seul le travail paye. « C’est le travail qui rend noble et c’est mieux que de quémander les 500 et 1000FCFA, et vouloir se faire entretenir par les hommes. Grâce à Dieu, ce travail m’a permis d’être autonome et aider mes prochains », déclare-t-elle avant d’inviter les femmes à fêter avec joie et fierté cette journée de l’autonomisation de la femme, qu’est le 8 mars et d’être toujours battantes jusqu’au bout.
Par Mariam SISSOKO
