Brouille entre Paris et Bamako : Une symphonie inachevée

La brusque tension occasionnée par la crise du septentrion malien entre l’hexagone et le Mali aura surpris plus d’un observateur, Paris et Bamako qui a revêtu la robe du guerrier se regardent désormais en chiens de faïence, se lançant des pics. Mais on est encore loin de l’épilogue.

Le Président Macron ne s’en est jamais caché et n’y est pas allé avec le dos de la cuillère depuis l’avènement de cette transition : « le gouvernement en place à Bamako n’est guère légitime et les dirigeants encore moins ». Plus tard, il dira encore : «nous observons la situation. Mais je doute qu’on puisse traiter affaire avec ce gouvernement ». Et pour finir, il assène : « ce sont de irresponsables ».

Que d’agressions verbales et quelle démesure ! Mais qu’on  ne s’y trompe pas la réaction et l’attitude que la France affiche cache bel et bien un piège politique destiné à pousser Bamako à bout, à pousser le gouvernement malien à des bévues sur le terrain extrêmement glissant : le terrain diplomatique.

Et selon eux le piège a fonctionné en partie avec le renvoie sine die de l’ambassadeur français

La France et ses alliés ont annoncé, jeudi 17 février 2022, le retrait des forces Barkhane et Takuba du territoire malien dans un délai compris entre 4 et 6 mois.

Le lendemain, le gouvernement du Mali a réagi en dénonçant « une décision unilatérale des autorités françaises de procéder au retrait des forces militaires de Barkhane et de Takuba en violation des accords liant la France et le Mali impliquant d’autres partenaires ».

« Au regard de ces manquements répétés des accords de défense, le gouvernement invite les autorités françaises à retirer, sans délai, les forces Barkhane et Takuba du territoire national, sous la supervision des autorités maliennes », a expliqué le colonel Abdoulaye Maiga porte-parole du gouvernement.

Dans sa stratégie de destruction de ce gouvernement qu’il ne gobe guère, Macron s’est allié tous les partenaires de l’UE et a réussi à entrainer les USA dans la danse. Car unis, on est plus fort. C’est –à-dire que le Mali fait front à une véritable collusion internationale qui n’a d’autre dessein que de faire sauter ce « gouvernement qu’il qualifie illégitime » par tous les moyens. Et comme en guerre, tous les coups sont permis…

De son côté, le Mali doit tempérer son ardeur et se tenir expectative, car « trop parler, c’est maladie », dit-on au Congo. Et parce que la position du pays est extrêmement délicate à cette heure. Il faut pouvoir comme un équilibriste garder son équilibre sur une corde raide et éviter tout faux pas après les erreurs qu’on a commises dans ce feuilleton franco-malien. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

On est encore loin de la fin de ce bras-de-fer auquel se livrent ces deux partenaires historiques. Mais au Mali, nul ne sait encore avec précision de quoi demain sera fait. Incertitudes, tout est incertitude.

Ben Diakité de Balzac

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