À Abuja, lors d’une session parlementaire de la CEDEAO restée dans les mémoires, le député sénégalais Guy Marius Sagna a brisé les codes diplomatiques. En appelant à une solidarité sans faille envers le Mali, il a rappelé aux États membres qu’au-delà des querelles de palais, c’est le destin de toute l’Afrique de l’Ouest qui se joue à Bamako.
Devant une assemblée parfois divisée par les sanctions et les ruptures institutionnelles, Guy Marius Sagna a choisi la franchise. Sans nier les tensions qui minent l’organisation « il y a des gens qui ne s’aiment pas, des gens qui ne se parlent pas » le parlementaire a recentré le débat sur l’urgence vitale. Pour lui, le Mali n’est pas un voisin en difficulté, mais le premier rempart d’un édifice commun.
Le député ne s’embarrasse pas de périphrases. Son argumentaire repose sur une implacable logique de destin lié : si la digue malienne cède sous le poids des crises, l’inondation n’épargnera personne. « Si le Mali tombe, nous serons les prochains », a-t-il martelé. Par cette formule, il transforme la crise malienne en un miroir de ce qui guette chaque nation de la sous-région, du Sahel au Golfe de Guinée. Cet appel à la mobilisation n’est pas seulement un acte de fraternité, c’est une stratégie de survie collective.
En rappelant que l’Afrique de l’Ouest doit se battre pour sa propre sauvegarde, Guy Marius Sagna replace la CEDEAO devant ses responsabilités historiques. Il ne s’agit plus de savoir qui a raison, mais de savoir qui restera debout. Car, comme le suggère le député, dans une maison en feu, le plus urgent n’est pas de juger le voisin, mais de l’aider à tenir le tuyau d’arrosage avant que les flammes ne franchissent la clôture.
Bagna MAÏGA/KD
