Le Conseil national de Transition (CNT) du Mali a franchi une étape historique ce lundi 30 juin 2025 en adoptant à l’unanimité le projet de loi instituant l’Office national des anciens Combattants, Militaires et Victimes de Guerre du Mali (ONAC). Cette décision majeure a été prise dans la salle Djeli Baba Sissoko du Centre International de Conférences de Bamako (CICB), marquant la reprise des travaux de l’organe législatif après une brève suspension la semaine précédente. Sous la présidence de l’Honorable Hamèye Founé Mahalmadane, 4ème Vice-président du CNT, les 114 membres présents ont manifesté un soutien inconditionnel à cette initiative cruciale pour la nation.
Ce projet de loi, porté par le ministre de la Défense et des Anciens Combattants et validé par le Conseil des ministres le 30 avril 2025, est une réponse directe à la nécessité d’améliorer la gestion administrative et sociale des anciens combattants, des militaires retraités et des victimes de guerre des Forces armées et de Sécurité. Il vise à corriger les lacunes de l’ordonnance n°02-042/P-RM du 28 mars 2002, tout en s’alignant sur l’évolution et l’élargissement des missions des forces de défense et de sécurité maliennes. L’adoption de ce texte témoigne de l’engagement ferme du Mali à reconnaître et à mieux accompagner ceux qui ont mis leur vie au service de la patrie.
La nouvelle législation introduit des mesures véritablement novatrices qui transformeront en profondeur la prise en charge de cette population essentielle. Parmi les dispositions phares, on note le renforcement substantiel des missions de l’ONAC, garantissant une gestion optimisée et plus efficace des anciens combattants, des militaires retraités et des victimes de guerre.
Une avancée significative est l’inclusion explicite des retraités de la Police nationale et de la Protection civile dans les missions de l’Office, élargissant ainsi la portée de ses actions à un plus grand nombre de serviteurs de l’État. Le projet de loi prévoit également la reconnaissance formelle et l’indemnisation des préjudices subis par les anciens combattants et victimes de guerre, une mesure indispensable pour réparer les torts passés et honorer leur sacrifice.
En outre, le texte jette les bases solides pour la création de structures dédiées à l’hébergement, aux loisirs et aux soins des bénéficiaires, assurant un cadre de vie digne et adapté à leurs besoins spécifiques. L’ONAC aura également pour rôle de mobiliser les retraités comme une réserve précieuse pour les Forces armées et de Sécurité, reconnaissant ainsi la valeur continue de leur expertise et de leur expérience.
La préservation de la mémoire et des valeurs patriotiques des anciens combattants est également un pilier central de cette réforme, tout comme l’organisation de formations techniques pour les forces de sécurité, tirant parti de l’expertise accumulée par les retraités. Enfin, le projet de loi facilite grandement la réinsertion socioprofessionnelle des anciens combattants et des retraités, leur permettant de continuer à contribuer activement à la vie civile et économique du pays.
La transformation de l’ONAC en un Établissement Militaire Social, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, à l’instar des autres institutions militaires, constitue un engagement fort et structurant de l’État malien. Cette réforme vise à accroître considérablement sa visibilité et à harmoniser sa gestion avec celle des autres structures relevant des Forces armées et de Sécurité.
L’adoption unanime de ce projet de loi par le Conseil National de Transition envoie un message puissant et clair : le Mali est déterminé à honorer ses héros et à leur assurer un soutien renforcé. En créant un ONAC modernisé et doté de moyens accrus, le pays pose les fondations d’un système robuste et durable pour ses anciens combattants, militaires retraités et victimes de guerre, tout en valorisant pleinement leur contribution inestimable à la mémoire collective et à la sécurité nationale.
Ibrahim Kalifa Djitteye
