Le verdict du procès activement attendu est tombé. L’ex-Directeur Général de la Sécurité d’État (DGSE), le colonel-major Kassoum Goita et ses coaccusés ont été fixés sur leur sort, le vendredi 24 dernier, devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako. Les peines annoncées vont de 15 à 7 ans d’emprisonnement.
Au total, près d’une dizaine de responsables étaient poursuivis pour « association de malfaiteurs, de complot et de complicité contre le gouvernement ». Les accusés ont été condamnés à des peines variées. Sur 6 personnes poursuivies, 4 accusés ont été condamnées à 15 ans de prison pour « association de malfaiteurs et complot contre le gouvernement ». Il s’agit de l’ancien patron de la Sécurité d’État, le colonel-major Kassoum Goïta, l’adjudant-chef Abdoulaye Ballo, l’homme d’affaires Sandi Ahmed Saloum et le féticheur Issa Samaké dit « Djoss ». Deux (2) autres coaccusés ont été condamnés à 7 ans de prison pour « complicité ». Il s’agit de l’ancien secrétaire général de la Présidence, M. Kalilou Doumbia et le commissaire principal de police Moustapha Diakité. Sur la situation, les avocats n’ont pas manqué de mots pour exprimer leur volonté d’exercer leur droit de recours devant les instances compétentes, y compris la Cour africaine des Droits de l’Homme. Une posture indiquant que la bataille judiciaire se poursuivra malgré la peine de la cour d’appel de Bamako.
Une réclusion criminelle de 20 ans requise par le parquet
Parmi les dossiers emblématiques de la justice malienne, les débats relatifs à cette affaire ont commencé mardi 14 juillet dernier devant la cour d’appel. En date du mardi 21 juillet 2026, le parquet a fait entendre son réquisitoire devant les magistrats siégeant à la chambre criminelle de la juridiction. A la barre, les avocats de la défense avaient souligné que les accusations évoquées contre leurs clients ne reposent sur aucune preuve tangible, réclamant leur « acquittement pur et simple ». Suite à la comparution du témoin principal, Soumaïla Bagayoko, l’audience a alors repris avec la présentation des prétentions du Contentieux de l’État et le réquisitoire du ministère public.
Dans sa réquisition, le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Bamako, le magistrat Kokè Coulibaly demandait, mardi 21 juillet dernier, à ce que le Colonel-major Kassoum Goïta et certains de ses coaccusés soient retenus dans les liens de l’accusation, pour des faits de « complot contre le gouvernement et association de malfaiteurs ». Il s’agissait de l’adjudant-chef Abdoulaye Ballo, ancien agent de la sécurité d’État, l’homme d’affaires Sandi Ahmed Saloum, le féticheur Issa Samaké alias « Djoss » et Dr Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la Présidence de la République. Pour sa part, le parquet, sur la base des arguments juridiques, avait requis 20 ans de réclusion criminelle contre les accusés, soit une peine maximale pour les infractions sanctionnées de 5 à 20 ans d’emprisonnement. Il a, par la suite, demandé l’acquittement du Commissaire principal de police Moustapha Diakité, estimant que son implication se limite à son lien amical avec Sandi Ahmed Saloum. Et de dire que cette réquisition constitue des sanctions exemplaires visant à donner un coup de frein à l’instabilité institutionnelle et à étouffer toutes velléité de projet de déstabilisation des institutions. De son côté, le représentant du Contentieux de l’État, Mahamadou Tibo Kéïta, plaidait pour le paiement d’un franc symbolique pour « préjudices moraux » subis.
Mamadou Diarra
