Une fille journée
Bamako a vécu en cette journée de mardi 18 août 2020 une situation aussi confuse que tendue.
Comme en 2013, la mutinerie partie de Kati a failli provoquer l’irréparable. Tôt dans la matinée, plusieurs personnalités civiles et militaires auraient été arrêtées. On ignore cependant les raisons de leur arrestation puisqu’aucun communiqué n’a été fait à propos.
Certains témoins ont indiqué que des coups de feux ont été entendus à Kati et à Tomikorobougou puis, une colonne de blindés et de pick-up lourdement armés ont quitté Kati pour Bamako. Plusieurs services ont alors autorisé leurs personnels à rentrer chez eux. Même si nous n’en savons plus, les faits s’apparenteraient à un coup d’État et certains semblaient aimer la situation. Une mobilisation spontanée est descendue dans la rue et s’est donnée rendez-vous à la place de l’indépendance pour apporter leur soutien aux mutins. La population quant à elle est restée la peur au ventre sans aucune information fiable à part des posts sporadiques çà et là des activistes. Ces activistes déguisés en journalistes sans le savoir ont accentué la crainte et envenimé la situation.
On semble oublié 2012
C’est tout de même un paradoxe de voir une grande partie de la population soutenir ou encore pousser les militaires à prendre le pouvoir tandis que le Mali peine toujours à sortir du coup d’état de 2012. Il ne fait aucun doute que le peuple malien n’est pas prêt pour la démocratie. En 28 ans d’exercice démocratique, le Mali peine à prendre son destin à main. Aucune situation ne peut justifier un coup d’état. Ceux qui se sont hasardés en ont pris à leur dépens.
Amadingué Sagara
Source : LE PAYS
