Dégradation de la situation sécuritaire au centre du Mali : La jeunesse Adeseba dénonce et interpelle le gouvernement

A travers une conférence de presse tenue ce samedi à la Maison de la presse, la jeunesse de l’Association pour le développement du Seno Bankass a dénoncé l’attaque barbare et inhumaine qui a coûté la vie à 132 civils à Diallassagou, Dianweli et Deguéssagou, dans le cercle de Bankass. Ils ont aussi formulé des recommandations à l’endroit des autorités maliennes. C’était sous la présidence du Dr Dieudonné Somboro, président de la jeunesse Adeseba. 

132 civils ont été tués à Diallassagou, Dianweli et Deguéssagou, dans le cercle de Bankass. Face à cette situation, la jeunesse Adeseba a rompu le silence. Elle a exprimé son mécontentement à travers une conférence de presse. « C’est avec une douleur intense et le cœur meurtri que nous tenons ce point de presse dont l’objectif est, dans un premier temps, de dénoncer le carnage de nos parents à Diallassagou, Dianweli et Deguéssagou, dans le cercle de Bankass. 132 personnes, alors qu’elles ne cherchaient qu’à vivre en harmonie, ont été abattues par des groupes terroristes », a déploré le président de la jeunesse Adeseba, Dieudonné Somboro.

Selon lui, en plus de bilan humain désastreux, d’énormes dégâts matériels ont été causés par ces personnes sans foi ni loi. « A titre de rappel, bien que chef-lieu de la commune rurale de Diallassagou, le village de Diallassagou est économiquement plus riche même que la ville de Bankass. Mais l’attaque barbare du 18 juin a remporté toute cette richesse. Le village est laissé presque bredouille. En effet, les terroristes, dans leur méchanceté, ont incendié toutes les grandes boutiques, les engins du village. Ils ont également emporté un nombre important de bétail », a déclaré le conférencier.

La jeunesse Adeseba, même si elle a salué la montée en puissance de l’armée malienne, a regretté la non-intervention des FAMa pendant l’attaque qui a duré des heures. Aussi, a-t-elle tiré la sonnette d’alarme sur la menace de famine qui guette les populations du cercle de Bankass. « En ce début d’hivernage, il est regrettable de dire que des dizaines de villages ne pourront pas cultiver cette année. Donc, les populations sont, en plus de l’insécurité, exposées à la famine », a regretté Dr Somboro.

Les recommandations de la jeunesse Adeseba

Après avoir dénoncé l’attaque des trois villages et la détérioration de la situation sécuritaire, la jeunesse Adeseba a formulé des recommandations à l’endroit du gouvernement. Ces recommandations sont, entre autres : la libération rapide de la centaine d’otages dans les mains de leurs ravisseurs depuis le 10 novembre 2021 et de tous les autres otages ; la poursuite des interventions des FAMa sur l’ensemble du cercle. Cela doit être suivi par le retour de l’administration ; la prise en compte par les FAMa des alertes des populations locales ; le ratissage dans la forêt de Samori et du plateau de la commune de Ségué pour anéantir les terroristes, détruire leurs sanctuaires et récupérer les armes de guerre détenues par les groupes armés ; l’installation de camps ou bases militaires dans certaines communes du cercle de Bankass ;  le retour des déplacés internes sur leurs sites d’habitat ; la sécurisation de l’hivernage et des dispositions contre la famine ; la réouverture des écoles classiques dans toutes les communes du cercle de Bankass .

Pour sa part, le vice-président de la jeunesse Adeseba a vivement interpellé les autorités de la transition pour la sécurisation des personnes et leurs biens.

Au cours de la conférence, des ressortissants des trois villages ont fait un témoignage.

Boureima Guindo

Source : LE PAYS

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