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Diop sur la situation sécuritaire à Genève : « l’effort international … a été un échec, le Mali est forcé de compter sur ses propres moyens »

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, Abdoulaye Diop et son homologue de la Justice et des Droits de l’homme, en l’occurrence Mamoudou Kassogué étaient à Genève, le mardi 2 mai 2023, pour la présentation du 4ème rapport national du Mali. C’était à l’occasion de la 43ème session du Groupe de Travail sur l’examen périodique universel. Occasion mise à profit par le chef de la diplomatie malienne pour étaler l’échec patent de l’effort international au Mali.

D’un ton diplomatique hors pair, le ministre Diop n’a daigné de mâcher ses mots devant des éminents spécialistes et différents pays défenseurs des droits de l’homme. Il réfute, comme toujours, des accusations infondées dressées contre les Forces armées maliennes. Aux participants de la 43ème session du Groupe de Travail sur l’examen périodique universel réunis à Genève, Abdoulaye Diop tenait à rappeler que la situation et le contexte sécuritaire du Mali restent extrêmement complexes. De nos jours, va-t-il clarifier, le Mali se trouve en guerre. Dans cette situation difficile, l’insécurité est le principal facteur de la commission des violations graves et massives par rapport aux droits de l’homme, a-t-il fait savoir. La meilleure façon de pouvoir faire face aux différentes questions est, selon lui, de pouvoir prendre en charge la question de l’insécurité, l’amélioration de la sécurité, la favorisation du retour de l’Etat et le retour des services sociaux de base partout dans le pays, y compris la justice, l’éducation, la santé… sur l’ensemble du territoire national. Cela, explique Diop, pour permettre au gouvernement du Mali d’améliorer substantiellement la situation à laquelle le pays reste confronté. Dans son intervention, le ministre a rappelé que la guerre au Mali est consécutive à l’intervention des forces étrangères en Libye, en 2011. Une intervention ayant créé ce contexte sécuritaire de déstabilisation de l’ensemble de la région du Sahel. Par conséquent, dit-il aux participants de la présente session, « l’effort interventionnel qui a été mis en place pour répondre à cette situation a été un échec. Aujourd’hui, le Mali est forcé de compter sur ses propres moyens et d’investir en conséquence pour pouvoir faire face à cette situation ». Abdoulaye Diop ne s’est pas limité là. Le brillant diplomate fera également comprendre au monde entier que son pays fait face à une « juxtaposition de crise, à savoir le conflit intercommunautaire et la lutte contre les groupes terroristes qui bénéficient des sponsors étrangers ».Il trouve que l’ensemble de ces questions sont de nos jours prises en charge par le gouvernement de la transition malien. Sous le leadership du président de la transition, l’Etat du Mali a décidé de renforcer substantiellement « nos capacités de défense et de sécurité en terme d’équipements et de formations ».Grâce auxquels efforts la situation sur le terrain s’améliore, a-t-il ajouté .Quant aux accusations dressées contre les Forces de défense et de sécurité maliennes en matière de violation des droits de l’homme, il confiera que l’armée du Mali opère en toute autonomie, et que la défense de la patrie se fait conformément aux normes internationales, notamment le droit international humanitaire et les droits de l’homme de façon générale. Selon lui, les Forces de défense et de sécurité continuent d’engranger des succès importants sur le terrain. Chose qui permet au gouvernement du Mali d’espérer une amélioration de la situation. Parce que beaucoup de nids et de sanctuaires terroristes ont été détruits par l’armée. Aussi, dira-t-il, « il y a eu la reddition de beaucoup d’acteurs terroristes et nous comptons maintenir ce combat dans le plein respect des normes internationales ». Ces progrès ont été possibles grâce à la diversification des partenaires du Mali. Et d’ajouter que cette diversification « nous (gouvernement de la transition) vaut aussi de nos jours, je le regrette, l’instrumentalisation et la politisation des questions de droits de l’homme ». Chose qui devrait être évitée.

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS

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