Le ministère de l’Éducation nationale et les syndicats de l’enseignement ont affiché, jeudi, une volonté commune de préserver la stabilité du système éducatif malien dans un contexte marqué par les attaques terroristes du 25 avril 2026 et la montée des campagnes de désinformation.
Réunis autour du ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, les responsables syndicaux ont échangé sur la situation du pays, les enjeux de sécurité, la continuité des activités scolaires ainsi que les perspectives de réforme du système éducatif.
Dès l’ouverture de la rencontre, une minute de silence a été observée en mémoire des victimes civiles et militaires des attaques terroristes du 25 avril, parmi lesquelles le Général d’Armée Sadio Camara, ministre d’État chargé de la Défense et des Anciens combattants.
Dans son intervention, le ministre de l’Éducation nationale a replacé ces événements dans un contexte plus large de tentatives de déstabilisation du Mali. Selon lui, les attaques terroristes ont été précédées par des crises destinées à fragiliser le pays, notamment à travers les difficultés d’approvisionnement en carburant et la crise énergétique.
« Des saboteurs voulaient empêcher l’approvisionnement en carburant dans l’espoir de provoquer un soulèvement populaire. Cela n’a pas marché. Ils ont alors changé de stratégie en envoyant des terroristes pour terroriser les populations », a expliqué Amadou Sy Savané.
Le ministre a salué la réaction des Forces armées et de sécurité, estimant que les opérations en cours permettent progressivement de reprendre le contrôle de la situation. « L’État agit et veille. Le Mali est debout et capable de se défendre », a-t-il affirmé.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, le chef du département de l’Éducation nationale a insisté sur la nécessité de lutter contre la désinformation et les rumeurs, qu’il considère comme des armes psychologiques utilisées pour semer la peur au sein de la population.
« Ceux qui ont attaqué le 25 avril ne sont pas venus uniquement avec des armes. Ils avaient préparé le terrain avec de la désinformation pour faire peur aux populations », a-t-il déclaré, appelant les Maliens à faire preuve de vigilance et d’unité.
Le ministre a particulièrement salué l’attitude des syndicats de l’éducation dans cette période sensible. Il leur a rendu hommage pour leur sens de responsabilité, notamment après la suspension récente d’un mot d’ordre de grève.
« Vous avez pris la mesure de la situation. Vous avez été patriotes et soucieux de l’avenir du pays. Vous n’avez pas ajouté aux difficultés », a-t-il indiqué devant les responsables syndicaux.
La rencontre a également permis d’aborder les questions liées à l’amélioration du système éducatif. Amadou Sy Savané a évoqué plusieurs actions engagées avec l’appui des partenaires techniques et financiers, notamment la remise de 50.000 tables-bancs, de kits informatiques et d’équipements solaires destinés aux établissements scolaires.
Le ministre a rappelé que les réformes en cours s’inscrivaient dans la dynamique des futurs États généraux de l’éducation et de la culture, avec pour ambition de moderniser durablement le système éducatif malien.
De leur côté, les syndicats ont réaffirmé leur disponibilité à accompagner les efforts des autorités. Le secrétaire général de la Fédération de l’Éducation nationale, Soumana Maïga, a salué la qualité des échanges et la communication entre le ministère et les partenaires sociaux.
« Chaque fois qu’un problème surgit, le ministère nous apporte rapidement la vraie version des faits. Cela contribue à apaiser les inquiétudes », a-t-il déclaré.
Le responsable syndical a insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale face aux défis actuels. « Quand on dit Malien, nous sommes tous les mêmes. Nous devons regarder dans la même direction pour défendre notre pays », a-t-il soutenu.
Le représentant du Syndicat national des enseignants du privé catholique, Soron di Lassina Coulibaly, a pour sa part évoqué les difficultés rencontrées par les établissements privés catholiques après l’arrêt des subventions publiques. Malgré cette situation, il a réaffirmé l’attachement de son organisation au Mali et à la mission éducative.
« Malgré le calvaire que nous traversons, nous resterons toujours patriotes », a-t-il déclaré, tout en appelant à une solution concertée.
Répondant à cette préoccupation, le ministre de l’Éducation nationale a indiqué qu’un processus de négociation autour d’une nouvelle convention était en cours. Il a assuré qu’aucun enseignant n’était exclu des préoccupations du département.
À l’approche des examens de fin d’année, Amadou Sy Savané a voulu rassurer les élèves, les enseignants et les parents d’élèves sur la continuité normale des activités scolaires.
« Le pays n’est pas à l’arrêt. L’organisation des examens se poursuit normalement et nous sommes prêts au niveau du département », a-t-il affirmé.
Dans un contexte de défis sécuritaires et sociaux, cette rencontre entre le ministère de l’Éducation nationale et les syndicats apparaît comme une volonté commune de renforcer la cohésion autour de l’école malienne, considérée comme un pilier essentiel de la stabilité nationale.
Kémoko Diabaté
