Après deux reports, le Mali organise les élections législatives le 29 mars de cette année. Même si jusque-là, les opérations de distribution des cartes d’électeurs ainsi que les campagnes électorales se déroulent bien, il est important de rappeler le contexte sécuritaire très menaçant, pendant lequel sont organisées ces élections, plus particulièrement au centre du Mali. La problématique a été mise sur la table du Grand débat de Studio Tamani. Les spécialistes se sont prononcés sur l’organisation de ce scrutin à Mopti. Une région sérieusement affectée par la crise.
Il était question de débattre sur la possibilité de tenir les prochaines législatives dans toutes les localités de la cinquième région administrative du Mali. Si elles parvenaient à se tenir aussi, l’autre préoccupation était de savoir, si la population est disposée à participer massivement comme d’habitude à ce devoir civique et citoyen.
Lassana Sékou Camara, Conseiller aux Affaires administratives et juridiques au Gouvernorat de Mopti s’est dit quand même confiant de la tenue du processus. Pour l’ensemble des participants au débat, du retrait des cartes d’électeurs aux campagnes électorales, tout se passe bien pour le moment. M. Camara a aussi apprécié le respect de la parité homme-femme qui se trouve à 30 % de femmes parmi les candidats à la course.
Contrairement aux idées sceptiques demandant un nouveau report des élections, le conseiller aux Affaires administratives et juridiques du Gouvernorat a souligné l’importance de ces élections pour maintenir l’équilibre d’un pays qui se dit démocratique. Selon lui, quelles que soient les difficultés du moment, le renouvellement du mandat des députés est une nécessité. À ses dires, si les présidentielles ont pu se tenir dans les mêmes conditions sécuritaires, les législatives aussi pourront bien se tenir. D’autant plus, a-t-il souligné, que c’est la saison hivernale qui avait rendu très difficile la sécurisation de toutes les localités par les forces de sécurité à l’époque. Et de rappeler que sur les 108 communes que compte la région, c’est une dizaine qui n’avait pas pu voter lors du premier tour de la présidentielle et seulement 6 au deuxième tour.
S’agissant de l’épineuse question de sécurisation largement revenue au cours du débat, le représentant du Gouvernorat a rassuré que les forces de l’ordre et de sécurité ont établi des mesures solides pour couvrir toutes les zones à haut risque.
Au-delà de l’importance de cette élection pour la démocratie malienne, Lassana Sékou Camara a fait savoir que son organisation est également un signe fort pour montrer que malgré les difficultés, le Mali continue à marcher vers le développement.
En sa qualité d’agent de contrôle pour l’application de la loi électorale, M. Broullaye Doumbia, membre de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), a lui aussi rassuré du déroulement normal du processus électoral. Pour lui, la question de l’insécurité ne devait pas empêcher cette élection, mais au contraire, ça ne devait pas être un moyen pour le bouder. Puisque ça va réduire les problèmes auxquels le Mali fait face aujourd’hui.
Selon lui, la fin du mandat des députés est l’un des grands obstacles au fonctionnement institutionnel au Mali. S’agissant des défis de cette élection, le membre de la CENI a rejoint le représentant de l’Observatoire des élections et la bonne gouvernance : « Cette élection est différente des autres, car ceux qui prenaient du thé pour voter sont eux-mêmes candidats cette année », a-t-il laissé entendre.
Pour la responsable du Conseil régional de la société civile, Mme Diallo Tata Touré, organiser cette élection est déjà une bonne chose du fait que ça a été reporté plusieurs fois. Pour elle, le Mali allait vivre un vide constitutionnel si ces élections n’arrivent pas à se tenir.
Concernant les menaces sur son déroulement, la représentante de la société civile de Mopti dit être, elle aussi, confiante à la promesse faite par les forces de sécurité et de défense. Elle a, pour sa, part invité la population à sortir massivement accomplir ce devoir civique pour le plus grand bonheur de tout le Mali. Par ailleurs, elle a manifesté l’engouement et la bonne volonté de la population de Mopti à tenir des élections apaisées.
Le représentant de l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance, M. Sory Traoré, après avoir confirmé la bonne tenue du processus, a souligné la particularité de ce scrutin. Pour lui, le contexte sécuritaire aura aussi une influence sur le choix de la population. Car la population a besoin des hommes qui prendront en compte leurs préoccupations, dit-il.
À noter que la région de Mopti compte pour les 20 sièges vacants, 198 candidats repartis sur 75 listes. Parmi ces 75 listes, 7 listes sont à Bandiagara, 11 à Bankass, 8 à Djenné et Douentza, 13 à Koro, 11 à Mopti, 10 à Teninkou et 7 à Youarou.
ISSA DJIGUIBA
Source : LE PAYS
